J'aurai voulu être anarchiste pour pouvoir faire mon numéro.

[Fougères] Réunion publique sur le harcèlement scolaire

Local
Alternative Libertaire organise depuis le mois de juin un cycle de réflexion et de construction sur l’éducation, “À quoi ça sert l’école”. En effet, le constat qui est fait est que l’école est souvent génératrice de mal-être et crée de fortes inégalités. Bon nombre d’alternatives existent ou sont encore à imaginer, thématiques développées dans le cycle.
La quatrième rencontre est sur la thématique du harcèlement scolaire et se déroulera le mercredi 13 décembre à 20h30, aux oiseaux de la tempête, 14 rue de la Pinterie à Fougères. Elle sera animée par l’association Marcel Ment.
Loin de ne réprésenter que des cas isolés, le harcèlement est un véritable phénomène qui touche les écoles, et concerne donc l’ensemble de la société. Alternative Libertaire invite, l’association Marcel Ment créee cette année à l’initiative d’une adolescente elle-même victime. Marcel Ment mène depuis sa fondation un travail de recherche, de sensibilisation et d’accompagnement auprès des élèves, parents et professionnelLEs. L’objectif de cette soirée est de comprendre ce qu’est et commebt fonctionne le harcèlement et d’envisager ensemble des solutions pour lutter contre !

Projets miniers : Une contestation du local au global

Fédéral/Local

Le collectif DesTerresMINÉes 35 s’est formé pour contester le permis exclusif de recherche (PER) de Dompierre-du-chemin. Puis, devant les autres foyers de lutte, il a évolué vers un discours et une contestation plus globale. Retour sur ce parcours.

Le PER de Dompierre était un projet minier, mené par la société d’exploration Variscan, qui concernait 17 communes entre Fougères et Vitré (Ille-et-Vilaine), et qui a été stoppé début 2017. Il s’agissait principalement d’extraire du tungstène, à la base des aciers extrêmement durs utilisés dans l’armement ou l’industrie en général. L’exploration consistait en des prélèvement effectués avec des tarières, donc des trous, et parfois des tranchées peu profondes. Mais en vérité les minerais présents étaient déjà connus après d’énormes recherches effectuées dans ces zones par le BRGM [1], jusqu’en 2000. Officiellement, les causes de l’arrêt du projet ont été longtemps inconnues malgré des demandes d’explications adressées à Variscan ou à l’État. Mais les opposantes et opposants direct.es savaient que la société avait des difficultés financières, et qu’elle avait déposé plusieurs demandes de permis d’exploration sans pouvoir toutes les assumer. Voilà qui révèle un aspect inquiétant de stratégie : les sociétés d’exploration testent aussi la capacité de la région à se mobiliser, l’acceptabilité sociale, et donc la possibilité ou non d’imposer de nouveaux projets.

En rouge les permis explorations minières du grand-ouest

Vers une contestation radicale et globale

Le collectif DesTerresMINÉes 35 s’était déjà constitué en association, il aurait pu cesser son activité après l’annonce de l’abandon du projet, mais ses membres actifs ont décidé de continuer les actions, principalement pour informer les mairies et la population. Puis il s’est donné pour vocation de monter une forme de fédération des différentes associations métropolitaines, mais aussi ultra-marines (il y a un projet catastrophique en Guyane, avec plusieurs associations pour le contester). L’idée de départ était un soutien mutuel entre les différentes luttes notamment pour les manifestations. Le choix de fédérer plusieurs luttes a donné une vraie victoire en Bretagne : huit associations se sont retrouvées à Paris à l’occasion de la journée «  Mines en France  » pour un rassemblement devant l’école du même nom  ; il y avait là les dirigeants politiques, les sociétés minières et les ingénieurs, habitués à se retrouver dans un entre-soi. Les opposants ont perturbé ce rendez-vous, et les médias ont réagi (France Inter, Reporterre, le Monde diplomatique). Cet événement a amené le conseil régional de Bretagne à s’opposer officiellement à la relance minière sur ses territoires. Dans les mois qui viennent, l’association souhaite continuer dans la même optique contre de le projet de réouverture de la mine de Salau, qui est le prochain projet important.

Les associations qui luttent contre les projets miniers pointent des problèmes importants, mais elles peinent à sortir des bons sentiments, et entrer dans un discours plus global qui impliquerait forcément un projet de décroissance. Si le choix de se fédérer fonctionne pour gagner, le discours radical ne fait pourtant pas l’unanimité, et certaines associations veulent avant tout que le projet local s’arrête, sans voir au-delà. Ceci dit, certaines associations de ce type continuent de fréquenter la fédération, puisque ça marche. C’est à ce moment-là que l’argument «  ni ici ni ailleurs  » doit porter.

Dans le collectif DesTerresMINÉes, on pense que la relance minière est la conséquence d’une société hyperconsumériste, donc c’est le fonctionnement de cette société qui est à remettre en cause. La seule réponse est de penser une autre forme de société consommant de manière beaucoup plus réduite. Seulement, si les questions sont réellement soulevées par le mouvement, le silence des médias fait que seules quelques dizaines d’individu.es sont concerné.es par la relance minière. C’est insuffisant pour lancer une réflexion d’ampleur dans l’opinion.

Daniel, du collectif DéTerreMINÉes 35

via alternativelibertaire.org

Centenaire de la révolution russe

Fédéral/Local

La Révolution russe – événement d’envergure planétaire dont on fête le centenaire cette année – ne se limite pas à un affrontement binaire entre tsaristes et bolcheviks.
Des forces politiques ont agi, à l’époque, pour proposer un autre modèle qu’une monarchie cruelle d’un côté, une dictature cynique de l’autre.
Le mouvement anarchiste s’est battu pour une démocratie fondée sur les soviets libres, et non inféodés au Parti communiste ; un socialisme fondé sur l’autogestion, et non sur l’étatisation totale de la vie économique.
En première ligne, mais minoritaires en 1917, les anarchistes et anarcho-syndicalistes s’efforcèrent de rattrapper leur retard et de créer la surprise. Nous raconterons comment.

“De la Révolution russe, les libertaires ne retiennent souvent que deux épisodes épiques et signifiants : la Makhnovchtchina, Cronstadt 1921. La séquence initiale de 1917-1918 est plus mal connue. C’est pourtant là que l’essentiel de la partie s’est joué pour le mouvement anarchiste.

Quelle était alors sa consistance, quel fut son rôle, quels choix opéra-t-il  ?

En février 1917, après l’effondrement des institutions impériales, émergea une administration alternative – les soviets, les comités d’usines –, base d’un possible pouvoir populaire. Possible, mais pas assuré. Beaucoup dépendrait de l’orientation imprimée par les différents courants politiques à l’œuvre.

Or, en février 1917, l’anarchisme était la composante la plus minoritaire du socialisme russe.

Certes, la politisation fulgurante du prolétariat et des conscrits entraîna alors une croissance pléthorique des partis et des syndicats, jusque-là clandestins. Mais comment transformer ce flot de convertis volatils en une force collective, capable de peser sur le cours des événements  ?

Toutes les organisations furent confrontées à cet enjeu, auquel le mouvement anarchiste ne put répondre. Par manque de moyens, assurément  ; par manque de volonté aussi, du fait d’un reliquat de spontanéisme hérité de la période «  terroriste  » de 1905-1906.

Des années plus tard, bien des militants souligneront ces lacunes. Voline déplorera le manque de «  cadres  » pour répandre les idées anarchistes et «  contrecarrer la puissante propagande et l’action bolchevistes  » [1]. Makhno en voudra aux «  anarchistes des villes  » de n’avoir pas épaulé ceux des campagnes [2]. Anatole Gorélik jugera qu’«  il y avait très peu de militants anarchistes de formation théorique suffisante  » et évoquera son angoisse quand, dans le Donbass, il voyait «  chaque semaine, des dizaines de représentants et délégués d’ouvriers  » qui réclamaient «  des orateurs et agitateurs, de la littérature politique, mais surtout une aide morale et théorique  » sans que son groupe soit en mesure de répondre à la demande [3].

Le mouvement anarchiste n’ayant pu surmonter à temps son handicap initial, une large part de sa mouvance fut satellisée, puis aspirée par le Parti bolchevik, que sa supériorité numérique et organisationnelle faisait apparaître comme un outil plus efficace pour parer au plus pressé : vaincre la bourgeoisie et la contre-révolution.”[4]

Pour plus de détail, n’hésite pas à venir à la réunion publique sur la révolution russe le 1er Novembre à 20h00 aux oiseaux de la tempête (14 rue de la pinterie – fougères) et le 2 novembre à Rennes au Panama.

 

 (1) Voline, La Révolution inconnue, tome 2, Entremonde, 2009, page 17.

 (2) Nestor Makhno, Mémoires et écrits 1917-1932, Ivrea, 2009, page 108.

 (3)Anatole Gorélik, cité dans Alexandre Skirda, Les Anarchistes russes, les soviets et la révolution de 1917, Editions de Paris-Max Chaleil, 2000, page 144.

 (4) Edito du dossier du mensuel d’Alternative Libertaire sur 1917

Pour le dossier complet : http://www.alternativelibertaire.org/?Dossier-1917-Edito-Les-anarchistes-leur-role-leurs-choix

Éditorial n°1

Local

La galette sociale est un journal trimestriel diffusé sous forme papier dans les bars et collé sur les murs du pays de Fougères. Elle est écrite par des militantEs.

Le coller sur les murs, pourquoi ?

L’espace public est pensé en terme de flux, nous allons d’un point à un autre sans nous arrêter. La publicité et le monde marchand colonisent cet espace pour nous vendre un téléphone ou une assurance. Mais la rue est d’abord et avant tout un espace politique, où les gens se rencontrent, discutent, s’engueulent et se rejoignent pour lutter ! Cet espace est le nôtre, l’occuper c’est s’en rappeler !

S’exprimer, co-écrire…

La galette sociale est écrite par des membres d’Alternative Libertaire. Mais l’objectif du journal est aussi de redonner la parole à tous et toutes. C’est pourquoi une zone d’expression libre existe pour que tu puisse y laisser un mot, un dessin, quelque chose que tu veux partager. Les contributions sont aussi les bienvenues, tu peux nous envoyer un article, une brève, un dessin, que nous tenterons de mettre dans le numéro suivant.

L’info militante locale et la mise en avant d’alternatives

La galette sociale relaiera les informations militantes locales. Elle mettra en avant des expériences, des alternatives existantes. Elle permettra aussi de pousser et de partager des coups de gueule.

 

Politiques Macron : désastres pour nous, caviar pour les autres

Fédéral

Démantèlement du code du travail, en augmentant le pouvoir du patron sur ses salariéEs, en créant un CDI qui n’est en fait qu’un CDD à durée illimitée pour le patron tant qu’il a besoin de toi (CDI chantier), baisses des aides aux collectivités territoriales garantes de la mise en place des solidarités, livret A en perte de vitesse pour plus de bénéfice pour les banques, attaque des politiques en faveur du logement… Le gouvernement ne s’interdit aucune politique antisociale, à la botte des riches et au détriment des autres.

Macron, joker de la bourgeoisie

Élu avec le relatif succès que l’on sait, Macron est mandaté pour contenir les explosions sociales et achever la destruction des acquis sociaux. En effet, si les résistances, les journées de grèves, les manifestations monstres n’ont pas suffit pour faire reculer les gouvernements, elles ont tout même freiné l’application des politiques ultra-libérales. Il s’agit alors d’en finir ! La suppression des cotisations sociales annonce la mort des protections solidaires ; la destruction du Code du Travail et du droit syndical annoncent l’atomisation du salariat ; la réforme des retraites attendue pour janvier 2018 annonce le pire… Et l’introduction des mesures de l’état d’urgence dans la loi banale annonce l’aggravation de la répression contre les militanEs.

Alors, comment construire le « toutes et tous ensemble » pour stopper l’offensive de la bourgeoisie portée par le gouvernement Macron ?

Redonner confiance dans les luttes collectives

Rien n’est pire que nier les difficultés. Le poids du chômage et de la précarité pèsent sur la vitalité des syndicats dans chaque entreprise et freinent l’extension des grèves. Le recul des traditions militantes combatives va de pair. Pour redonner confiance dans la force de la lutte collective nous devons tirer les leçons de nos échecs en 2010 et 2016. D’abord admettre ce constat : les grosses manifs, même massives, et les journées de grèves à répétition ne suffisent plus pour gagner. L’enjeu est donc bien de construire une contestation permanente, reconduite au quotidien jusqu’à la victoire. Mais comment atteindre la grève générale dans les conditions d’aujourd’hui ?

Grève, blocage, sabotage

La journée de grève est trop souvent gaspillée à piétiner derrière les camions à sandwichs. Elle doit au contraire être utile à réfléchir aux suites, au renforcement et à l’accélération de la mobilisation, service par service, entreprise par entreprise. L’occasion d’Assemblées Générales dans les zones industrielles et dans les villes pour rencontrer les salariés des autres secteurs, et d’autres syndicats. Et quand le rapport de forces est trop faible pour décréter la grève reconductible, les équipes les plus énergiques doivent imaginer d’autres modes d’action : blocages, filtrages, ralentissement et sabotage de l’activité économique.

Démultiplier

Pour un mouvement incluant l’ensemble des jeunes, des précaires, des retraités… il faut que partout se montent des AG par ville, capables d’impulser toute action qui puisse démultiplier les initiatives visant les zones industrielles et les axes majeurs de transport.

Autogestion

C’est dans ces formes de gestion collective des luttes que chacun et chacune prend confiance et peut s’investir, être utile. C’est aussi la meilleure école pour rendre crédible le projet de construire une société débarrassée des chefs et des patrons !

Galère à l’horizon pour les jeunes !

Fédéral

Jusqu’ici, et grâce à de nombreuses luttes, l’enseignement supérieur s’était démocratisé. Avec des frais d’inscriptions abordables et une possibilité pour toutes et tous bachelierEs d’entrer à l’université, de nombreuses et nombreux lycéeenNEs ont pu poursuivre leurs parcours après le lycée malgré les conditions souvent précaires des études.
Depuis quelques années les gouvernements successifs ont entamé une privatisation progressive des universités. Le gouvernement Macron n’est pas en reste car par de nombreuses mesures, il souhaite instaurer une sélection à l’entrée des universités, sans pour autant rendre plus accessibles d’autres parcours de formation, ce qui exclura une partie des lycéenNes de l’enseignement supérieur.

En parallèle la suppression des contrats aidés, souvent usités par des jeunes sans qualification et sans emploi (en fonction des années, ils représentaient 25 à 30 % des emplois occupés par des jeunes), et le non versement du RSA au moins de 25 ans, précarise encore un peu plus cette tranche d’âge.
La stratégie est simple : quand tu commence en galérant, un mi-temps à 600 euros semble être le paradis, habituer les jeunes à la galère, c’est les rendre moins exigeantEs sur leurs futurs jobs !

Alternative Libertaire se bat afin que la pauvreté ne devienne pas la norme !

Aux alentours de Fougères : abandons précipités des TAP, beaucoup d’animateurs sur le carreau

Fédéral/Local

On a beaucoup parlé en ce début d’année 2017 du retour à la semaine d’école à 4 jous plutôt que 4 jours et demi, beaucoup moins des conséquences en coulisse dans les communes ayant fait le choix de cette modification.

Au-delà des débats sur la pertinence du rythme scolaire le plus adéquat, dans lequel nous ne rentrerons pas, ce retour à la semaine à 4 jours signifie dans nombre d’écoles, la suppression des temps périscolaires. Afin de les mettre en place, les communes choisissaient soit de recruter des animateurs et des animatrices soit de mandater des associations et des entreprises pour le faire. Les annonces sur le retour à 4 jours ont été rapides, et les décisions tout autant, à la rentrée c’est probablement plusieurs centaines de salariéEs qui se retrouvent alors licenciéEs économiquement sur l’Est du département.

L’école et son organisation sont politiques, les gouvernements successifs veulent tous y mettre leur empreinte, sans se soucier de l’organisation technique de ces réformes et des conséquences pour les personnes qui en vivent, les enfants et les parents.

La mise en place des temps périscolaires a été brutale, obligeant les municipalités à inventer dans la précipitation des solutions, et les municipalités pour certaines font un choix tout aussi brutal en revenant très rapidement à l’ancienne formule sans préparation, ni préavis, mettant ainsi de nombreuses personnes au chômage au mois de septembre. Les salariéEs animant les temps périscolaire avaient mis en place des outils et développé des compétences, qui aujourd’hui ne seront plus utilisées par défaut de réflexion globale des modalités et et des méthodes d’éducation. La prise en charge des questions éducatives doit viser au bien-être des enfants et non à la gestion de temps scindés les uns des autres sans articulation et réflexion. Les TAP auraient pu, si l’investissement avait été à la hauteur, produire des temps réflechis entre animateurs-rices et enseignantEs, des temps qui n’auraient pas été pour remplir les trous de l’emploi du temps des enfants mais ceux de l’éducation populaire !

Mettre en place des politiques pour les détricoter quelques années plus tard, c’est ne pas tenir compte des enfants à qui on impose en fonction des volontés des uns et des autres, des rythmes différents d’une année à l’autre, ce n’est pas tenir compte des parents, qui cherchent à organiser leur travail ou activité en fonction des temps scolaires, ce n’est pas tenir compte des salariéEs qui subissent ces décisions politiques.

Alternative Libertaire Fougères condamne ces choix non réfléchis aux conséquences désastreuses pour de nombreuses personnes et soutient l’ensemble des salariéEs touchéEs par ces licenciements économiques. Aussi, nous tenons à rappeler que l’animation est malgré les compétences qu’elle nécessite, un travail payé au lance-pierre, et les personnes qui en vivent sont trop souvent une variable d’ajustement, sans rythme, ni salaire adéquat, ce n’est pas parce que beaucoup font leur travail avec passion qu’il faut l’apparenter à du bénévolat !

À Fougères comme ailleurs pas de caméra !

Local

Vieille marotte à Fougères la question de la vidéo-surveillance revient régulièrement dans le débat public, allant jusqu’à toucher des plus petites communes tel que Maen-Roch. Encore après la fête de la musique de cette année, des habitantEs ont demandé sa mise en place à Fougères, et les éluEs recherchent aujourd’hui le moyen de la financer. Pour Maen-Roch c’est un graffiti anarchiste qui illustre l’ article présentant la volonté de l’équipe municipale à se doter d’un tel dispositif, sur les recommandations de la gendarmerie (1). Comme si une empreinte visuelle revendiquant plus d’autonomie, de démocratie, le bien-être collectif et l’autogestion était dangereuse et pouvait justifier des dépenses publiques considérables au nom de la sécurité.

Les caméras sont souvent présentées comme une solution au sentiment d’insécurité, sentiment non corrélé à l’insécurité réelle. Cette problématique est d’ailleurs le plus souvent portée ou alimentée par des éluEs puis reprise par des habitantEs, malgré des chiffres qui n’ont jamais pu prouver l’efficacité de la vidéo surveillance sur les actes délictuels.

Insécurité ?

Le sentiment d’insécurité est très souvent lié à un manque de lien social et de connaissance mutuelle. En effet, tout à chacunE se sent bien plus à l’aise quant il ou elle se préoccupe des autres et que c’est réciproque. Aussi, le seuil de tolérance et de définition de l’insécurité varie d’un endroit à l’autre, ainsi dans certaines communes des dégâts matériels suffisent alors qu’à d’autres endroits l’insécurité est en lien avec un danger physique et celle-ci fait écho à des faits.

Il faut rappeler ici que même quand le sentiment d’insécurité est fondé, ce n’est pas les caméras qui permettront de faire baisser le nombre d’actes répréhensibles. Les problèmes se déplaceront, et c’est en vain que les caméras nous auront coûté des fortunes.

Combien ça coûte ?

D’après un rapport de la Cour des comptes, les frais à prévoir pour s’équiper de caméras est en moyenne de 7 570€ par installation de caméra plus 7 400€ par caméra et par an pour le fonctionnement. Sachant que la ville compte s’équiper de huit caméras et que les subventions de l’Etat couvriraient au maximum 50 % des frais d’installation, on arrive à un total estimé de 89 480€ pour la première année du projet de vidéosurveillance fougerais, et 59 200€ par an par la suite. Soit 59 256€ par an sur 5 ans. (2)

À comparer avec le budget de 24 000€ par an sur cinq ans annoncé par la mairie (14 000€ par an sur cinq ans après soustraction de la subvention de l’Etat pour l’installation, puis 10 000€ par an pour le fonctionnement) qui correspondrait aux dépenses annuelles dues aux dégradations de la ville, soit 25 000€. (3)

On peut s’étonner du faible budget annoncé par la municipalité comparé à la moyenne nationale. Faut-il donc anticiper une augmentation des frais suite à l’installation ?

Et n’est-il pas naïf d’imaginer que la surveillance empêchera toute forme de dégradation ?

Surveillance inégale contre mixité sociale

Les politiques pourront dire « on a fait notre job » mais les délits resteront, se déplaceront, évolueront. Pendant ce temps, les zones surveillées, qui sont des espaces publics, seront conformées et tout un pan de la population prié de ne plus y apparaître (raciséEs, mendiantEs, manifestantEs, …), sous peine d’être surveilléEs et soupçonnéEs par défaut. C’est la mixité sociale que les systèmes de surveillance mettent en péril.

C’est pourtant cette même mixité qui seule permet la compréhension des intérêts communs, et c’est souvent lorsqu’on perd de vue les intérêts communs que les délits arrivent…

Seule une vie de quartier riche et une vigilance collective permise par un exercice commun de la démocratie permettent de prendre soins les uns des autres et de diminuer les délits, si mineurs soient-t-ils. De plus accepter pour ces raisons les caméras, c’est oublier que ces dispositifs servent tout autant voir plus au contrôle du mouvement social et au contrôle des populations qu’à leur protection.

Nous ne pouvons pas nous asseoir sur nos libertés, comme les gouvernements successifs nous le demandent depuis plusieurs années, et nos responsabilités en exigeant l’impossible qui serait un policier à chaque rue et une caméra à chaque intersection.
Nous ne voulons pas que le contrôle devienne la norme, la perte de confiance collective une fatalité et la dépense inutile de centaines de milliers d’euros un moindre mal.

Nous appelons tous et toutes les habitantEs de Fougères et de Maen-Roch à lutter contre l’installation de caméras !

Pour en discuter vous pouvez nous contacter à fougeres@alternativelibertaire.org

 

(1) Maen-Roch. Le projet de vidéoprotection prend tournure – Ouest France – 27/06/2017

(2) L’ORGANISATION ET LA GESTION DES FORCES DE SÉCURITÉ PUBLIQUE – Rapport de la Cour des comptes – 07/07/2011

(3) Sécurité. La Ville expérimentera la vidéo surveillance – La Chronique républicaine – 19/04/2015

Le ras-la-mèche de la Denise !

La Denise

C’est arrivé près de chez vous

10 ans bordel, 10 ans de bons et loyaux services et hop du jour au lendemain, terminé bonsoir, merci mon chien, virée comme une clocharde à Fougères en période touristique.
C’est que j’ai pas fait d’études moi, à 18 balais après un BEP qui m’a servi à rien (à part une cuite mémorable), comme le reste de ma lobotomie scolaire, direct à l’usine.

10 ans bordel, 10 ans à danser jour et nuit dans ce bal des faux-culs, où tout le monde t’arnaque avec le sourire.
Le plus drôle dans tout ça c’est que je suis pas la seule, on est une file d’attente entière de millions de pèlerins à se foutre à poil, à tendre les bras, qu’on nous mette les chaînes, et à peine au chômage on s’arrache tous les miettes entre pigeons, jusqu’à ce qu’on nous réponde :

« Écoute si toi vouloir travail, moi donner toi, tout de suite, dans grosse usine à moi pour 1100 euros par mois ». Et voilà le boulot, t’as le boulet aux pieds, tu viens de signer pour 10 ans d’esclavage.

Tiens, un exemple, que vous ayez pas l’impression que je gueule dans le vide. Bon ça date un peu, mais c’est histoire de bien patauger dans le concret. L’entreprise d’escaliers Riaux à Bazouges-la-Pérouse, et bah le Dieu des Békés, Jean-Paul Riaux, qui va serrer la pogne aux élus de Bazouges une fois par an à son repas d’entreprise, ça lui suffit pas de payer au SMIC ses ouvriers qui bossent pour lui depuis plus de 15 ans sans aucune prime, il en profite pour en traiter un de « connard » tout ça parce que l’ouvrier à pas voulu venir à son repas de chiotte. Il a fallu encore qu’il en embauche pour une bouchée de pain au black, pour lui construire sa piscine de merde. Ah si c’était moi, c’est du béton que j’aurais fait couler dans sa piscine à la con avec lui en-dessous.
Sans parler des chefs, qui sont devenus chefs par simple piston, qui te font la morale, et te menacent parce que t’as le malheur de faucher du bois de palettes, pendant qu’eux se permettent de faire du trafic d’escalier.

Vous voulez vraiment continuer à bosser pour ce genre de négrier ? Vous n’êtes pas bons qu’à trier, séparer, jeter toute votre vie, vous valez mieux que ça, vous méritez mieux que ça. Alors je vous le dis, que ces feignasses de patrons aillent gagner leur vie à la sueur de leur front, et plus à la sueur du votre.

Faites ce que vous voulez, moi j’me casse !

Une dernière chose, j’étais 10 ans dans le coma, mais je viens de me réveiller et maintenant que j’ouvre ma gueule, essayez donc de me la fermer. Alors retenez bien mon nom, vous allez continuer à entendre parler de moi.

Moi je suis la Denise, et j’en ai ras-la-mèche !

Space à Rennes, foire à l’agriculture intensive

Local

À Rennes, comme tout les ans, se déroulera prochainement, le SPACE et sa 30ème édition : étalage de machines hors de prix et d’exposantEs aux nombreuses casseroles pour certainEs.
Le SPACE, c’est plus de 6 millions d’euros de chiffre d’affaire, une belle part faite aux différents lobbys de l’agriculture (avec par exemple la CNIEL, qui organise certaines conférences, lobby français du lait), des syndicats ne faisant que peu de cas de l’environnement, tel que la FNSEA avec, en plus des stands, de nombreuses prises de parole officielles. Sans étonnement, la Confédération Paysanne, par exemple, n’y est pas, ce qui éclaire sur les choix de ce salon…
Les agriculteurs et les agricultrices seront invitéEs à venir admirer des machines et technologies, qui pour la pluspart les ruineraient, déjà pour certainEs étoufféEs par les dettes.
Les mêmes qui leur imposent les prix de ce qu’ils et elles produisent viendront leur faire la leçon sur comment être productif.ve.s et compétitif.ve.s, avec la quasi-moitié des conférences organisées par l’Institut de l’Elevage (dont l’objectif premier est la “valorisation de la compétitivité des élevages herbivores”).
Les visteurs et visiteuses pourront y saluer pour nous Lactalis, responsable de la pollution de la Seiche près de Vitré (voir notre communiqué sur la mortalité croissante de la faune et de la flore à cause l’usine Lactalis de Retiers), après avoir déversé des litres de lactoses dans les écosystèmes.
Alors que l’urgence écologique n’a jamais été aussi forte, le SPACE a fait le choix de mettre le paquet sur l’innovation et les nouvelles technologies, pour beaucoup polluantes, loins des enjeux d’aujourd’hui.
Ceux et celle-là même qui étouffent l’agriculture, vont parader, à côté des ministres alors qu’à quelques kilomètres de là, un agriculteur bio se fait expulser de ses terres pour construire une énième zone commerciale.
Même si nous ne condamnons pas l’amélioration des conditions de travail des agriculteur.rice.s permises par certaines technologies, loins d’être incompatible avec l’écologie, nous ne pouvons qu’être sceptiques sur un salon qui met à l’honneur l’hyperproductivité, des solutions homogènes sur les territoires, qu’importe les ecosystèmes dans lesquels évoluent les éxploitations, la compétitivité qui angoisse les exploitantEs au détriment de leur santé physique et mentale, l’incitation à l’endettement avec des machines beaucoup trop cher et le gaspillage d’argent d’un tel évenement.
Rappelons qu’Alternative Libertaire revendique une agriculture proche du modèle paysan, basée sur une activité non-productiviste, au service d’une consommation biologique et de proximité. Un modèle libéré des l’exploitation des industriels et des grandes surfaces, respectueux de la nature et des travailleurs et travailleuses.

Aller à Haut de page