J'aurai voulu être anarchiste pour pouvoir faire mon numéro.

Notre-Dame-des-Landes : la ZAD a vaincu, la ZAD doit vivre

Fédéral/Local

Le gouvernement a enfin capitulé devant l’évidence : il n’y aura pas d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. C’est une victoire de la convergence des luttes ouvrières et paysannes. A présent, l’État doit renoncer à détruire la ZAD.

Ça y est  ! Le gouvernement a annoncé l’abandon du projet de délocalisation de l’aéroport de Nantes vers le site de Notre-Dame-des-Landes.

Il s’agit évidemment d’une victoire pour tout le mouvement d’opposition au projet. Il s’agit d’une victoire de l’unité du mouvement, dans sa diversité, allant du collectif ACIPA, aux occupants de la ZAD, en passant par toutes et tous les paysans organisés au sein de COPAIN, et enfin du plus récent collectif syndical contre l’aéroport – regroupant des militantes et militantes de la CGT, de Solidaires et de la CNT. Il s’agit d’une victoire de la convergence des luttes ouvrières et paysannes, un des moteurs de cette unité.

Il s’agit d’une victoire contre la destruction de terres agricoles et contre la dégradation de la biodiversité. Cette victoire nous permettra de réensemencer un espoir dans nos résistances contre le capitalisme dévoreur du monde vivant et de l’humanité.

Mais nous n’oublions pas que le conflit n’est pas terminé pour autant. Le gouvernement n’a pas encore mis en œuvre ce qu’il appelle la «  restauration de l’état de droit  » sur le site de Notre-Dame-des-Landes, c’est à dire réimposer l’ordre capitaliste sur cette poussière territoriale qui lui échappe depuis 2012. Choisiront-ils, comme cela se murmure par-ci, par-là, une solution comme au Larzac dans les années 1980 où l’État a cédé la gestion du foncier aux agriculteurs  ? Dans ce cas des compromis seront trouvés et la situation s’apaisera. Les expérimentations sociales et agricoles en cours sur la ZAD s’inscriront dans un cadre de compromis avec les pouvoirs publics.

Mais si le gouvernement choisit l’affrontement, s’il envoie des milliers de militaires avec, comme certains l’annoncent, des véhicules blindés et le génie de l’armée pour détruire les barricades et les habitations de la ZAD, il sera le seul responsable de ce qui se déroulera sur le site, mais aussi dans les villes comme Nantes et Rennes. Dans un tel scénario, Alternative libertaire s’associera à l’appel à mobilisation du mouvement d’opposition au projet. Une mobilisation qui s’organisera aussi bien dans et autour du site que dans toutes les villes où s’active l’un des 200 comités de soutien créés dans l’Hexagone.

Déjà, sans attendre la décision du gouvernement, que toutes celles et ceux qui s’opposent la destruction de zones humides et de terres agricoles affirment collectivement leur volonté de s’opposer aux expulsions, au travers de manifestations partout où elles seront organisées, et en particulier le 10 février, lors du rassemblement sur la ZAD.

En 2012, c’est par dizaines de milliers que des manifestantes et des manifestants ont convergé vers Notre-Dame-des-Landes. «  L’opération César  » s’est terminée par une déroute en rase campagne de la gendarmerie. Depuis, le mouvement s’est renforcé. Si le gouvernement choisit l’affrontement, nous nous mobiliserons pour une victoire complète à Notre-Dame-des-Landes.

via alternativelibertaire.org

[FOUGERES] Notre Dame des Landes – Le comité du Pays de Fougères se réjouit !

Local

Le Comité du Pays de Fougères Contre les Projets Inutiles et Imposés – réuni mercredi soir 17 01 2018 au local autogéré « Les oiseaux de la tempête »

Le Comité se réjouit et salue la victoire du mouvement anti aéroport Notre Dame Des Landes.

Il soutient ses revendications, en particulier, que ce territoire puisse rester un espace d’expérimentation sociale, environnementale et agricole.

Ce projet d’aéroport était représentatif de nombreux autres grands et petits projets destructeurs tant sur le plan social qu’environnemental

Cette victoire démontre que la persévérance d’un mouvement collectif dans sa diversité peut aboutir positivement.

Le Comité sera vigilant sur l’évolution de la situation à Notre Dame Des Landes particulièrement dans les jours et semaines qui viennent.

Nous invitons la population à s’opposer, ici sur le territoire comme ailleurs, au bétonnage et bitumage des terres. Depuis plus de 20 ans , c’est 400 ha qui disparaissent chaque année dans le Pays de Fougères.

Le Comité appelle à fêter l’abandon du projet à Notre Dame Des Landes le 10 février et poursuivre la construction de l’avenir de la ZAD sous l’appel « Enracinons l’avenir »

Inscriptions pour un déplacement organisé depuis Fougères Mail d’inscription : comitecontreprojetsinutiles@framalistes.org

Comité du Pays de Fougères Contre les Projets Inutiles et Imposés

Annexes pour information

https://terredeliens.org/oui-m-le-ministre-luttons-contre-l…
1300 ha de terres en France disparaissent sous le béton par semaine

https://www.terre-net.fr/…/dans-votre-departement-l-artific…

en Ille et Vilaine

95194 ha total de terres artificialisées en 2015
1346 ha de terres artificialisées chaque année entre 2005 et 2015
947 ha perdus en SAU chaque année entre 2005 et 2015

En Pays de Fougères
chiffre connu 2012 : depuis 20 ans, 8000 ha ont été perdus soit 400 ha / a

Communiqué de presse au sujet de l’inauguration du Centre des Congrès

Local

Le 10 janvier 2018 sera inauguré le Centre des Congrès à Rennes. Encensé sans commune mesure par la Municipalité, à grand renfort de pages entières de propagande dans les numéros du Ouest-France, ce nouveau bâtiment n’est pas sans signification.

Le Centre des Congrès, tel qu’il s’est décidé, construit, inauguré, s’intègre dans le processus de gentrification des villes néolibérales. Rennes n’échappe pas à la règle : c’est l’élimination progressive des « indésirables » et de leurs activités populaires et contestataires, vers une ville réservée à l’habitation des riches, à la consommation et la célébration d’un vivre-ensemble factice, vidé de son sens. C’est un mouvement anti-démocratique, qui renvoie violemment aux marges tout ce qui ne s’intègre pas à la « mondialisation heureuse », et qui par conséquent montre la faillite du système économique et politique.

Les mécanismes de marché et les interventions politiques, conjointement, participent à cet accaparement bourgeois de la ville. A Rennes : Nouvelle gare, propagande, projets citoyennistes sans contenu, évacuation des migrants et des « marginaux », hausse des loyers, une Maison du Peuple menacée par les bulldozers, hyper-militarisation d’un centre-ville aux manifestations interdites… Le Centre des Congrès s’affiche comme une attaque supplémentaire, au cœur d’une zone stratégique. Destiné aux hommes d’affaires et divers chiens de garde, cet édifice particulièrement onéreux s’en prend directement à ce qu’il restait d’incommodant aux yeux du petit-bourgeois de base sur la place Ste-Anne. Le tout dans un style architectural volontairement démesuré et agressif, pour marquer le coup. Alternative Libertaire dénonce, bien-sûr, ce processus, fruit d’une volonté cynique. La ville doit être un espace d’expression et d’habitation accessible à toutes et tous. Les changements en son sein ne doivent venir que de l’expression commune des travailleurs et travailleuses, dans l’intérêt collectif.

Diverses actions de résistance et de contestations se sont enchaînées. A l’heure de l’inauguration et de l’invitation d’une myriade de conférenciers (de Pierre Gattaz à Jeannette Bougrab, en passant par l’increvable Cohn-Bendit) pour l’organisation de faux débats, il est inévitable que d’autres mobilisations se reproduiront. Les membres d’Alternative Libertaire font donc savoir que ces futures mobilisations s’avèrent légitimes et nécessaires, et qu’elles mériteront le plus grand soutien populaire. Il ne faudra donc pas s’étonner des conséquences prévisibles de cette inauguration.

Ni à Fougères, ni à Bure, mais autrement !

Fédéral/International/Local

Un groupe de BURE résistant au projet d’enfouissement des déchets radioactifs (CIGEO – centre industriel de stockage géologique) sera présent LUNDI 8 Janvier à FOUGERES.

Le COEDRA et les Oiseaux de la tempête organisent cet événement public et gratuit, au local autogéré 14 rue Pinterie à FOUGERES.

 

Au programme

À partir de 16h :

Ouverture au public pour

  • rencontres informelles avec le groupe de BURE.
  • exposition de photos sur la lutte de BURE – 50 photos
  • documentations et présentation du livre « BURE ou la bataille du nucléaire »
  • projections

19h30  : repas et panier partagé grâce aux paniers des participants.

20h30  : débat , projections, projets …

 

Au travers de la promotion du livre « BURE ou la bataille du nucléaire », il s’agira d’informer sur la lutte contre l’enfouissement des DRA en cours à BURE : état des lieux sur l’emprise de l’ANDRA et de l’économie nucléaire en Meuse et Haute Marne, point sur la maison de la résistance, l’occupation du Bois Lejuc, les installations de lieux de vie, de métiers nouveaux, la résistance judiciaire etc.

Il s’agira aussi de renforcer ici dans le Pays de Fougères les soutiens à la résistance au projet CIGEO, à BURE.

 

Rappel .

Fin 1993 : le projet d’enfouissement de déchets radioactifs est officiellement stoppé dans le Pays de Fougères suite à l’opposition massive de la population, au refus de beaucoup de conseils municipaux, aux craintes de l’agro-alimentaire du Pays de Fougères. Les élections législatives ont eu lieu en Mars 1993 mettant hors jeu les deux principaux promoteurs politiques du labo d’enfouissement.

Immédiatement après, en 1994, BURE, en Meuse, est pressenti pour devenir le site d’un « laboratoire d’enfouissement des déchets radioactifs » rejeté fortement depuis 1980 par toutes les communes visées en France… sauf par les deux conseils généraux de Meuse et Haute Marne en 1994.

[Ille et Vilaine] A qui profite la santé ? Le prix de la prévention.

Local
En Ille et vilaine, le dépistage du cancer du col de l’utérus recommandé tous les trois ans chez les femmes de 25 à 65 ans, va coûter plus cher pour certaines patientes. Début 2017, un collectif de femmes (l’utéruse) a en effet dénoncé les pratiques de dépassement d’honoraire du laboratoire Atalante Pathologie. Ce laboratoire d’analyse, basée à Rennes et Saint-Malo, a le quasi monopole dans ce domaine. Afin d’augmenter ses tarifs, Atalante Pathologie est passé du secteur 1 au secteur 2 (honoraires libres) en signant une convention avec la Sécurité Sociale ; le laboratoire peut désormais facturer 23€ l’acte d’analyse du frottis contre 15,40€ auparavant. Rappelons que le remboursement de la Sécurité Sociale se fait à hauteur de 70 % sur le tarif conventionné de 15,40€ pour le frottis et de 25€ pour la consultation avec le médecin traitant. Ainsi, même si certaines mutuelles -pas toutes- prendront en charge la différence, cette augmentation de tarif imposée par ce laboratoire est une véritable attaque envers l’accès à la santé pour toutes.
En tant qu’acte de prévention fortement recommandé par le ministère de la Santé, il est légitime de s’alerter sur de telles pratiques dans la mesure où selon l’Institut National du Cancer, 40 % des femmes ciblées par le dépistage ne réalisent pas de frottis ou peu régulièrement, notamment pour des raisons socio-économiques.
On peut également s’indigner de constater que dans le domaine de la prévention du cancer, les moyens de prévention du cancer du col de l’utérus sont pris en charge à seulement 70 % par l’assurance maladie, les autres étant remboursés à 100 % ( prévention du cancer du sein et du cancer colorectal).
Face à cela, les femmes, premières concernées, les professionnels de santé, peuvent dans un premier temps agir en envoyant leur frottis aux laboratoires ne réalisant pas de dépassement d’honoraire. Il est essentiel que chacun se mobilise et agisse pour que la prévention ne deviennent pas le privilège des plus riches.
De nombreux scandales sanitaires (Médiator, Dépakine) ont été dévoilé grâce à l’action de citoyens, parents, patients, professionnels de santé. Dernièrement, le scandale du Levothyrox témoigne de l’auto-organisation des patients pour dénoncer les pratiques désastreuses de l’industrie pharmaceutique. Ces exemples montrent que la santé n’échappe pas au système capitaliste et que ce sont toujours les malades qui payent le prix des logiques de profits des laboratoires. Néanmoins, ils nous invitent à persévérer dans la lutte, à s’auto-organiser pour que le système de santé devienne une réelle démocratie sanitaire où patients, citoyens, professionnels de santé décideront collectivement des politiques de santé publique à mettre en œuvre, et notamment de l’orientation de la recherche scientifique.

[Fougères] Réunion publique sur le harcèlement scolaire

Local
Alternative Libertaire organise depuis le mois de juin un cycle de réflexion et de construction sur l’éducation, “À quoi ça sert l’école”. En effet, le constat qui est fait est que l’école est souvent génératrice de mal-être et crée de fortes inégalités. Bon nombre d’alternatives existent ou sont encore à imaginer, thématiques développées dans le cycle.
La quatrième rencontre est sur la thématique du harcèlement scolaire et se déroulera le mercredi 13 décembre à 20h30, aux oiseaux de la tempête, 14 rue de la Pinterie à Fougères. Elle sera animée par l’association Marcel Ment.
Loin de ne réprésenter que des cas isolés, le harcèlement est un véritable phénomène qui touche les écoles, et concerne donc l’ensemble de la société. Alternative Libertaire invite, l’association Marcel Ment créee cette année à l’initiative d’une adolescente elle-même victime. Marcel Ment mène depuis sa fondation un travail de recherche, de sensibilisation et d’accompagnement auprès des élèves, parents et professionnelLEs. L’objectif de cette soirée est de comprendre ce qu’est et commebt fonctionne le harcèlement et d’envisager ensemble des solutions pour lutter contre !

Projets miniers : Une contestation du local au global

Fédéral/Local

Le collectif DesTerresMINÉes 35 s’est formé pour contester le permis exclusif de recherche (PER) de Dompierre-du-chemin. Puis, devant les autres foyers de lutte, il a évolué vers un discours et une contestation plus globale. Retour sur ce parcours.

Le PER de Dompierre était un projet minier, mené par la société d’exploration Variscan, qui concernait 17 communes entre Fougères et Vitré (Ille-et-Vilaine), et qui a été stoppé début 2017. Il s’agissait principalement d’extraire du tungstène, à la base des aciers extrêmement durs utilisés dans l’armement ou l’industrie en général. L’exploration consistait en des prélèvement effectués avec des tarières, donc des trous, et parfois des tranchées peu profondes. Mais en vérité les minerais présents étaient déjà connus après d’énormes recherches effectuées dans ces zones par le BRGM [1], jusqu’en 2000. Officiellement, les causes de l’arrêt du projet ont été longtemps inconnues malgré des demandes d’explications adressées à Variscan ou à l’État. Mais les opposantes et opposants direct.es savaient que la société avait des difficultés financières, et qu’elle avait déposé plusieurs demandes de permis d’exploration sans pouvoir toutes les assumer. Voilà qui révèle un aspect inquiétant de stratégie : les sociétés d’exploration testent aussi la capacité de la région à se mobiliser, l’acceptabilité sociale, et donc la possibilité ou non d’imposer de nouveaux projets.

En rouge les permis explorations minières du grand-ouest

Vers une contestation radicale et globale

Le collectif DesTerresMINÉes 35 s’était déjà constitué en association, il aurait pu cesser son activité après l’annonce de l’abandon du projet, mais ses membres actifs ont décidé de continuer les actions, principalement pour informer les mairies et la population. Puis il s’est donné pour vocation de monter une forme de fédération des différentes associations métropolitaines, mais aussi ultra-marines (il y a un projet catastrophique en Guyane, avec plusieurs associations pour le contester). L’idée de départ était un soutien mutuel entre les différentes luttes notamment pour les manifestations. Le choix de fédérer plusieurs luttes a donné une vraie victoire en Bretagne : huit associations se sont retrouvées à Paris à l’occasion de la journée «  Mines en France  » pour un rassemblement devant l’école du même nom  ; il y avait là les dirigeants politiques, les sociétés minières et les ingénieurs, habitués à se retrouver dans un entre-soi. Les opposants ont perturbé ce rendez-vous, et les médias ont réagi (France Inter, Reporterre, le Monde diplomatique). Cet événement a amené le conseil régional de Bretagne à s’opposer officiellement à la relance minière sur ses territoires. Dans les mois qui viennent, l’association souhaite continuer dans la même optique contre de le projet de réouverture de la mine de Salau, qui est le prochain projet important.

Les associations qui luttent contre les projets miniers pointent des problèmes importants, mais elles peinent à sortir des bons sentiments, et entrer dans un discours plus global qui impliquerait forcément un projet de décroissance. Si le choix de se fédérer fonctionne pour gagner, le discours radical ne fait pourtant pas l’unanimité, et certaines associations veulent avant tout que le projet local s’arrête, sans voir au-delà. Ceci dit, certaines associations de ce type continuent de fréquenter la fédération, puisque ça marche. C’est à ce moment-là que l’argument «  ni ici ni ailleurs  » doit porter.

Dans le collectif DesTerresMINÉes, on pense que la relance minière est la conséquence d’une société hyperconsumériste, donc c’est le fonctionnement de cette société qui est à remettre en cause. La seule réponse est de penser une autre forme de société consommant de manière beaucoup plus réduite. Seulement, si les questions sont réellement soulevées par le mouvement, le silence des médias fait que seules quelques dizaines d’individu.es sont concerné.es par la relance minière. C’est insuffisant pour lancer une réflexion d’ampleur dans l’opinion.

Daniel, du collectif DéTerreMINÉes 35

via alternativelibertaire.org

Centenaire de la révolution russe

Fédéral/Local

La Révolution russe – événement d’envergure planétaire dont on fête le centenaire cette année – ne se limite pas à un affrontement binaire entre tsaristes et bolcheviks.
Des forces politiques ont agi, à l’époque, pour proposer un autre modèle qu’une monarchie cruelle d’un côté, une dictature cynique de l’autre.
Le mouvement anarchiste s’est battu pour une démocratie fondée sur les soviets libres, et non inféodés au Parti communiste ; un socialisme fondé sur l’autogestion, et non sur l’étatisation totale de la vie économique.
En première ligne, mais minoritaires en 1917, les anarchistes et anarcho-syndicalistes s’efforcèrent de rattrapper leur retard et de créer la surprise. Nous raconterons comment.

“De la Révolution russe, les libertaires ne retiennent souvent que deux épisodes épiques et signifiants : la Makhnovchtchina, Cronstadt 1921. La séquence initiale de 1917-1918 est plus mal connue. C’est pourtant là que l’essentiel de la partie s’est joué pour le mouvement anarchiste.

Quelle était alors sa consistance, quel fut son rôle, quels choix opéra-t-il  ?

En février 1917, après l’effondrement des institutions impériales, émergea une administration alternative – les soviets, les comités d’usines –, base d’un possible pouvoir populaire. Possible, mais pas assuré. Beaucoup dépendrait de l’orientation imprimée par les différents courants politiques à l’œuvre.

Or, en février 1917, l’anarchisme était la composante la plus minoritaire du socialisme russe.

Certes, la politisation fulgurante du prolétariat et des conscrits entraîna alors une croissance pléthorique des partis et des syndicats, jusque-là clandestins. Mais comment transformer ce flot de convertis volatils en une force collective, capable de peser sur le cours des événements  ?

Toutes les organisations furent confrontées à cet enjeu, auquel le mouvement anarchiste ne put répondre. Par manque de moyens, assurément  ; par manque de volonté aussi, du fait d’un reliquat de spontanéisme hérité de la période «  terroriste  » de 1905-1906.

Des années plus tard, bien des militants souligneront ces lacunes. Voline déplorera le manque de «  cadres  » pour répandre les idées anarchistes et «  contrecarrer la puissante propagande et l’action bolchevistes  » [1]. Makhno en voudra aux «  anarchistes des villes  » de n’avoir pas épaulé ceux des campagnes [2]. Anatole Gorélik jugera qu’«  il y avait très peu de militants anarchistes de formation théorique suffisante  » et évoquera son angoisse quand, dans le Donbass, il voyait «  chaque semaine, des dizaines de représentants et délégués d’ouvriers  » qui réclamaient «  des orateurs et agitateurs, de la littérature politique, mais surtout une aide morale et théorique  » sans que son groupe soit en mesure de répondre à la demande [3].

Le mouvement anarchiste n’ayant pu surmonter à temps son handicap initial, une large part de sa mouvance fut satellisée, puis aspirée par le Parti bolchevik, que sa supériorité numérique et organisationnelle faisait apparaître comme un outil plus efficace pour parer au plus pressé : vaincre la bourgeoisie et la contre-révolution.”[4]

Pour plus de détail, n’hésite pas à venir à la réunion publique sur la révolution russe le 1er Novembre à 20h00 aux oiseaux de la tempête (14 rue de la pinterie – fougères) et le 2 novembre à Rennes au Panama.

 

 (1) Voline, La Révolution inconnue, tome 2, Entremonde, 2009, page 17.

 (2) Nestor Makhno, Mémoires et écrits 1917-1932, Ivrea, 2009, page 108.

 (3)Anatole Gorélik, cité dans Alexandre Skirda, Les Anarchistes russes, les soviets et la révolution de 1917, Editions de Paris-Max Chaleil, 2000, page 144.

 (4) Edito du dossier du mensuel d’Alternative Libertaire sur 1917

Pour le dossier complet : http://www.alternativelibertaire.org/?Dossier-1917-Edito-Les-anarchistes-leur-role-leurs-choix

Éditorial n°1

Local

La galette sociale est un journal trimestriel diffusé sous forme papier dans les bars et collé sur les murs du pays de Fougères. Elle est écrite par des militantEs.

Le coller sur les murs, pourquoi ?

L’espace public est pensé en terme de flux, nous allons d’un point à un autre sans nous arrêter. La publicité et le monde marchand colonisent cet espace pour nous vendre un téléphone ou une assurance. Mais la rue est d’abord et avant tout un espace politique, où les gens se rencontrent, discutent, s’engueulent et se rejoignent pour lutter ! Cet espace est le nôtre, l’occuper c’est s’en rappeler !

S’exprimer, co-écrire…

La galette sociale est écrite par des membres d’Alternative Libertaire. Mais l’objectif du journal est aussi de redonner la parole à tous et toutes. C’est pourquoi une zone d’expression libre existe pour que tu puisse y laisser un mot, un dessin, quelque chose que tu veux partager. Les contributions sont aussi les bienvenues, tu peux nous envoyer un article, une brève, un dessin, que nous tenterons de mettre dans le numéro suivant.

L’info militante locale et la mise en avant d’alternatives

La galette sociale relaiera les informations militantes locales. Elle mettra en avant des expériences, des alternatives existantes. Elle permettra aussi de pousser et de partager des coups de gueule.

 

Politiques Macron : désastres pour nous, caviar pour les autres

Fédéral

Démantèlement du code du travail, en augmentant le pouvoir du patron sur ses salariéEs, en créant un CDI qui n’est en fait qu’un CDD à durée illimitée pour le patron tant qu’il a besoin de toi (CDI chantier), baisses des aides aux collectivités territoriales garantes de la mise en place des solidarités, livret A en perte de vitesse pour plus de bénéfice pour les banques, attaque des politiques en faveur du logement… Le gouvernement ne s’interdit aucune politique antisociale, à la botte des riches et au détriment des autres.

Macron, joker de la bourgeoisie

Élu avec le relatif succès que l’on sait, Macron est mandaté pour contenir les explosions sociales et achever la destruction des acquis sociaux. En effet, si les résistances, les journées de grèves, les manifestations monstres n’ont pas suffit pour faire reculer les gouvernements, elles ont tout même freiné l’application des politiques ultra-libérales. Il s’agit alors d’en finir ! La suppression des cotisations sociales annonce la mort des protections solidaires ; la destruction du Code du Travail et du droit syndical annoncent l’atomisation du salariat ; la réforme des retraites attendue pour janvier 2018 annonce le pire… Et l’introduction des mesures de l’état d’urgence dans la loi banale annonce l’aggravation de la répression contre les militanEs.

Alors, comment construire le « toutes et tous ensemble » pour stopper l’offensive de la bourgeoisie portée par le gouvernement Macron ?

Redonner confiance dans les luttes collectives

Rien n’est pire que nier les difficultés. Le poids du chômage et de la précarité pèsent sur la vitalité des syndicats dans chaque entreprise et freinent l’extension des grèves. Le recul des traditions militantes combatives va de pair. Pour redonner confiance dans la force de la lutte collective nous devons tirer les leçons de nos échecs en 2010 et 2016. D’abord admettre ce constat : les grosses manifs, même massives, et les journées de grèves à répétition ne suffisent plus pour gagner. L’enjeu est donc bien de construire une contestation permanente, reconduite au quotidien jusqu’à la victoire. Mais comment atteindre la grève générale dans les conditions d’aujourd’hui ?

Grève, blocage, sabotage

La journée de grève est trop souvent gaspillée à piétiner derrière les camions à sandwichs. Elle doit au contraire être utile à réfléchir aux suites, au renforcement et à l’accélération de la mobilisation, service par service, entreprise par entreprise. L’occasion d’Assemblées Générales dans les zones industrielles et dans les villes pour rencontrer les salariés des autres secteurs, et d’autres syndicats. Et quand le rapport de forces est trop faible pour décréter la grève reconductible, les équipes les plus énergiques doivent imaginer d’autres modes d’action : blocages, filtrages, ralentissement et sabotage de l’activité économique.

Démultiplier

Pour un mouvement incluant l’ensemble des jeunes, des précaires, des retraités… il faut que partout se montent des AG par ville, capables d’impulser toute action qui puisse démultiplier les initiatives visant les zones industrielles et les axes majeurs de transport.

Autogestion

C’est dans ces formes de gestion collective des luttes que chacun et chacune prend confiance et peut s’investir, être utile. C’est aussi la meilleure école pour rendre crédible le projet de construire une société débarrassée des chefs et des patrons !

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