[Ille et Vilaine] A qui profite la santé ? Le prix de la prévention.

dans Local
En Ille et vilaine, le dépistage du cancer du col de l’utérus recommandé tous les trois ans chez les femmes de 25 à 65 ans, va coûter plus cher pour certaines patientes. Début 2017, un collectif de femmes (l’utéruse) a en effet dénoncé les pratiques de dépassement d’honoraire du laboratoire Atalante Pathologie. Ce laboratoire d’analyse, basée à Rennes et Saint-Malo, a le quasi monopole dans ce domaine. Afin d’augmenter ses tarifs, Atalante Pathologie est passé du secteur 1 au secteur 2 (honoraires libres) en signant une convention avec la Sécurité Sociale ; le laboratoire peut désormais facturer 23€ l’acte d’analyse du frottis contre 15,40€ auparavant. Rappelons que le remboursement de la Sécurité Sociale se fait à hauteur de 70 % sur le tarif conventionné de 15,40€ pour le frottis et de 25€ pour la consultation avec le médecin traitant. Ainsi, même si certaines mutuelles -pas toutes- prendront en charge la différence, cette augmentation de tarif imposée par ce laboratoire est une véritable attaque envers l’accès à la santé pour toutes.
En tant qu’acte de prévention fortement recommandé par le ministère de la Santé, il est légitime de s’alerter sur de telles pratiques dans la mesure où selon l’Institut National du Cancer, 40 % des femmes ciblées par le dépistage ne réalisent pas de frottis ou peu régulièrement, notamment pour des raisons socio-économiques.
On peut également s’indigner de constater que dans le domaine de la prévention du cancer, les moyens de prévention du cancer du col de l’utérus sont pris en charge à seulement 70 % par l’assurance maladie, les autres étant remboursés à 100 % ( prévention du cancer du sein et du cancer colorectal).
Face à cela, les femmes, premières concernées, les professionnels de santé, peuvent dans un premier temps agir en envoyant leur frottis aux laboratoires ne réalisant pas de dépassement d’honoraire. Il est essentiel que chacun se mobilise et agisse pour que la prévention ne deviennent pas le privilège des plus riches.
De nombreux scandales sanitaires (Médiator, Dépakine) ont été dévoilé grâce à l’action de citoyens, parents, patients, professionnels de santé. Dernièrement, le scandale du Levothyrox témoigne de l’auto-organisation des patients pour dénoncer les pratiques désastreuses de l’industrie pharmaceutique. Ces exemples montrent que la santé n’échappe pas au système capitaliste et que ce sont toujours les malades qui payent le prix des logiques de profits des laboratoires. Néanmoins, ils nous invitent à persévérer dans la lutte, à s’auto-organiser pour que le système de santé devienne une réelle démocratie sanitaire où patients, citoyens, professionnels de santé décideront collectivement des politiques de santé publique à mettre en œuvre, et notamment de l’orientation de la recherche scientifique.

1 Comment

  1. Je trouve ça particulièrement scandaleux…On nous assène des messages en permanence d’incitation au dépistage. Parallèlement, ce laboratoire abuse. La dernière fois, envoi de facture avec refus d’envoi de résultats…Par contre mes résultats ont été envoyés à des établissements de santé sans mon accord. Notion de secret médical vraiment bafouée. La facturation incluant également les frais de timbres, c’est vraiment mesquin !

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*