J'aurai voulu être anarchiste pour pouvoir faire mon numéro.

Category archive

Fédéral

Urgence écologique sortir du capitalisme

Fédéral/Local

QUELQUE 150 000 PERSONNES EN FRANCE, DANS PLUS DE 100 VILLES : LA MOBILISATION DU 8 SEPTEMBRE DERNIER EST LA PLUS GRANDE JAMAIS CONNUE EN FRANCE SUR LES QUESTIONS CLIMATIQUES.

La mobilisation que chacun espérait lors de la COP21, fin novembre 2015, a donc eu lieu ce 8 septembre 2018. La Marche pour le climat de 2015, organisée par la Coalition Climat 21, avait été interdite suite aux attentats du 13 novembre : à la place il y avait eu des « chaînes humaines » et 317 gardes à vue pour celles et ceux qui avaient osé se rendre place de la République et ne pas se disperser à l’annonce d’un ordre que personne n’avait entendu.

PRISE DE CONSCIENCE

Suite à un été où le réchauffement climatique a donné des signes très concrets de sa réalité (canicules, incendies, inondations, fonte de la calotte glacière…), et suite notamment à la démission de Nicolas Hulot, ministre de l’Écologie et de la transition, la question de l’urgence climatique est revenue avec force.
En effet, l’inaction gouvernementale sur les questions écologiques,  au temps où l’urgence consiste à mettre en place des mesures concrètes pour faire face au réchauffement climatique, a conduit à la mobilisation de milliers de personnes (notamment 50 000 à Paris).
Les personnes s’étant mobilisées début septembre, sont pour la plupart des personnes n’ayant que rarement mis les pieds dans des manifestations.

S’ajoute à ces marches, des rassemblements contre les pesticides. Ces rassemblements protestent contre les reculs réguliers des politiques sur la question du glyphosate et l’augmentation constante de l’usage des pesticides dans l’agriculture (12 % entre 2014 et 2016). C’est sous le nom « appel des coquelicots » que 400 rassemblements ont eu lieu vendredi 5 octobre en France. A Fougères, un rassemblement, soutenu notamment par la passiflore, a eu lieu.

VERS UN CAPITALISME VERT ?

Ces manifestations témoignent de l’inquiétude grimpante autour des questions écologiques, pour autant, elles ne portaient pas de revendications politiques précises.
C’est pourquoi, il est important d’inscrire ces marches dans un mouvement plus global.
Il est nécessaire, face à l’urgence écologique, de se reposer la question du système politico-économique dans lequel nous évoluons.
Force est de constater que le capitalisme et la sauvegarde de la planète sont incompatibles.

DATES A RETENIR

Alternative Libertaire Fougères invite toutes les personnes qui le souhaitent à se rendre aux rassemblements qui auront lieu les prochains mois sur la question climatique et à se rendre aux autres
initiatives qui suivront suite à l’appel des coquelicots.

-Lundi 8 octobre : Sortie du nouveau rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations Unies)

-Samedi 13 octobre, dans 27 villes en France : Marche mensuelle pour le climat

La marche la plus proche de Fougères sera à Rennes à 14h00 au mail François Mitterand

Une marche aura egalement lieu a Caen à 15h00 place Saint Sauveur

Une autre marche aura lieu le 10 novembre à 14h00 à Rennes, covoiturage au départ de Fougères à 12h30 parking de la poterne

-Du 25 au 29 octobre : Mouvement Ende Gelände : blocage de la mine decharbon et protection de la forêt de Hambach en Allemagne

-Vendredi 2 novembre 18H30, rassemblement contre les pesticides place Aristide Briand

-Courant novembre réunion publique d’Alternative Libertaire à Fougères sur la question

-Du 3 au 14 décembre : COP 24 en Pologne

Manifestation intersyndicale mardi 9 octobre à 17h30

Fédéral/Local

L’exécutif a été secoué tout l’été par de nombreux scandales (Benalla, Buzin, …), malgré ces scandales, malgré les différentes levées de bouclier sur les orientations choisies par les politiques, le gouvernement continue à sacrifier le modèle social, le système de retraite, l’assurance chômage, les services publics (hôpitaux, prestations sociales,…), sélection dans l’enseignement supérieur.

L’idéologie gouvernementale, libérale, permet l’augmentation des richesses des plus fortunés et détruit les acquis permettant une répartition de cette dernière.

Le capitalisme et la recherche de la diminution de la dépense publique guide les politiques gouvernementales, qui loin de créer de l’emploi augmentent la précarité et les inégalités.

Il est important de combattre les attaques du gouvernement.

Alternative Libertaire Fougères soutient l’appel intersyndical à manifester le 9 octobre.

Rendons-nous mardi à 17h30 place Aristide Briand.

IVG à Fougères, mon corps mon choix

Fédéral/Local


Depuis le mois de janvier 2018, l’Interruption Volontaire de Grossesse chirurgicale ne se pratique plus au Centre Hospitalier de Fougères.

Le groupe féministe de Fougères a été informé de la situation au mois de Mai 2018. Les patientes de Fougères et des communes environnantes, ayant recours à ce service, doivent se déplacer à Rennes pour pratiquer l’avortement au-delà de 9 semaines de grossesse.

Très inquiètes et inquiets de cette situation, le groupe féministe a demandé un rendez-vous auprès du directeur du C.H de Fougères en juin 2018 pour questionner les raisons de l’arrêt de cet acte et pour interroger également les raisons de l’arrêt des mammographies sur ce site.

En réponse, l’IVG a été arrêtée du fait du départ en retraite d’un médecin gynécologue et cette activité n’a pas été reprise faute de moyens humains.

Nous n’acceptons pas l’excuse d’un départ en retraite pour supprimer l’accès à l’IVG à Fougères.

Nous n’acceptons pas non plus que les suivis et soins dédiés aux femmes comme la mammographie, la maternité et l’IVG subissent des fermetures.

Lors de cette rencontre, nous avons discuté de ce qui pourrait être mis en place transitoirement afin de permettre aux femmes d’avoir accès à l’IVG chirurgicale durant l’attente d’une réouverture du service de l’IVG, que nous espérons très rapide.

Le groupe féministe demande

-Une information claire et bienveillante aux femmes voulant avoir recours à l’IVG, sur le circuit à suivre

-Une datation de la grossesse au Centre Hospitalier de Fougères dans un délai court

-Une prise de rendez-vous assurée par le service de Fougères, pour l’acte chirurgical, auprès d’un service hospitalier de Rennes.

-La prescription d’un arrêt de maladie pour la femme le jour de la pratique de l’IVG.

-Le financement d’un taxi VSL, par la Sécurité Sociale, pour les femmes ne pouvant se déplacer.

Nous avions également interpellé l’ARS Bretagne, son Directeur Général Adjoint nous conforte dans nos propositions par un courrier qu’il nous a adressé en août dernier. Il rappelle que l’accès à l’IVG est une activité règlementaire qui doit être assurée par l’hôpital public.

Si nous tentons de trouver de manière transitoire des solutions afin de permettre l’accès à l’IVG pour toutes les femmes ayant recours à cette solution, nous défendons que  L’IVG est un droit et son accessibilité une nécessité.

Le 28 septembre 2018 est la journée internationale du droit à l’avortement.

Dans ce cadre, une soirée débat autour de l’avortement en France et dans le monde aura lieu à 20 heures dans le local « Aux Oiseaux de la Tempête », 14 rue de la Pinterie à Fougères.

Le groupe féministe fougerais composé d’habitant(e)s, d’Alternatives Libertaires Fougères, du groupe d’action France Insoumise Pays de Fougères.

Covoiturage vers le rassemblement Clément Méric à Rennes

Fédéral/Local

Le procès a débuté, la mobilisation en mémoire de Clément aussi.

Le procès des assassins de notre camarade Clément, s’est donc ouvert ce mardi 4 septembre aux Assises de Paris. L’un des prévenus s’est présenté avec quelques heures de retard, prolongeant ainsi la séance dans la journée. La veille un premier rassemblement en hommage à Clément avait déjà eu lieu place Saint-Michel. Jusqu’à la clôture du procès le 14 septembre, des initiatives auront lieu dans tout l’hexagone pour honorer la mémoire de Clément et rappeler la violence quotidienne des extrême-droites.

Alternative Libertaire Fougères organise donc un covoiturage vers l’évènement Rennais qui se tiendra Vendredi 14 septembre.

 

Notre-Dame-des-Landes : la ZAD a vaincu, la ZAD doit vivre

Fédéral/Local

Le gouvernement a enfin capitulé devant l’évidence : il n’y aura pas d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. C’est une victoire de la convergence des luttes ouvrières et paysannes. A présent, l’État doit renoncer à détruire la ZAD.

Ça y est  ! Le gouvernement a annoncé l’abandon du projet de délocalisation de l’aéroport de Nantes vers le site de Notre-Dame-des-Landes.

Il s’agit évidemment d’une victoire pour tout le mouvement d’opposition au projet. Il s’agit d’une victoire de l’unité du mouvement, dans sa diversité, allant du collectif ACIPA, aux occupants de la ZAD, en passant par toutes et tous les paysans organisés au sein de COPAIN, et enfin du plus récent collectif syndical contre l’aéroport – regroupant des militantes et militantes de la CGT, de Solidaires et de la CNT. Il s’agit d’une victoire de la convergence des luttes ouvrières et paysannes, un des moteurs de cette unité.

Il s’agit d’une victoire contre la destruction de terres agricoles et contre la dégradation de la biodiversité. Cette victoire nous permettra de réensemencer un espoir dans nos résistances contre le capitalisme dévoreur du monde vivant et de l’humanité.

Mais nous n’oublions pas que le conflit n’est pas terminé pour autant. Le gouvernement n’a pas encore mis en œuvre ce qu’il appelle la «  restauration de l’état de droit  » sur le site de Notre-Dame-des-Landes, c’est à dire réimposer l’ordre capitaliste sur cette poussière territoriale qui lui échappe depuis 2012. Choisiront-ils, comme cela se murmure par-ci, par-là, une solution comme au Larzac dans les années 1980 où l’État a cédé la gestion du foncier aux agriculteurs  ? Dans ce cas des compromis seront trouvés et la situation s’apaisera. Les expérimentations sociales et agricoles en cours sur la ZAD s’inscriront dans un cadre de compromis avec les pouvoirs publics.

Mais si le gouvernement choisit l’affrontement, s’il envoie des milliers de militaires avec, comme certains l’annoncent, des véhicules blindés et le génie de l’armée pour détruire les barricades et les habitations de la ZAD, il sera le seul responsable de ce qui se déroulera sur le site, mais aussi dans les villes comme Nantes et Rennes. Dans un tel scénario, Alternative libertaire s’associera à l’appel à mobilisation du mouvement d’opposition au projet. Une mobilisation qui s’organisera aussi bien dans et autour du site que dans toutes les villes où s’active l’un des 200 comités de soutien créés dans l’Hexagone.

Déjà, sans attendre la décision du gouvernement, que toutes celles et ceux qui s’opposent la destruction de zones humides et de terres agricoles affirment collectivement leur volonté de s’opposer aux expulsions, au travers de manifestations partout où elles seront organisées, et en particulier le 10 février, lors du rassemblement sur la ZAD.

En 2012, c’est par dizaines de milliers que des manifestantes et des manifestants ont convergé vers Notre-Dame-des-Landes. «  L’opération César  » s’est terminée par une déroute en rase campagne de la gendarmerie. Depuis, le mouvement s’est renforcé. Si le gouvernement choisit l’affrontement, nous nous mobiliserons pour une victoire complète à Notre-Dame-des-Landes.

via alternativelibertaire.org

Ni à Fougères, ni à Bure, mais autrement !

Fédéral/International/Local

Un groupe de BURE résistant au projet d’enfouissement des déchets radioactifs (CIGEO – centre industriel de stockage géologique) sera présent LUNDI 8 Janvier à FOUGERES.

Le COEDRA et les Oiseaux de la tempête organisent cet événement public et gratuit, au local autogéré 14 rue Pinterie à FOUGERES.

 

Au programme

À partir de 16h :

Ouverture au public pour

  • rencontres informelles avec le groupe de BURE.
  • exposition de photos sur la lutte de BURE – 50 photos
  • documentations et présentation du livre « BURE ou la bataille du nucléaire »
  • projections

19h30  : repas et panier partagé grâce aux paniers des participants.

20h30  : débat , projections, projets …

 

Au travers de la promotion du livre « BURE ou la bataille du nucléaire », il s’agira d’informer sur la lutte contre l’enfouissement des DRA en cours à BURE : état des lieux sur l’emprise de l’ANDRA et de l’économie nucléaire en Meuse et Haute Marne, point sur la maison de la résistance, l’occupation du Bois Lejuc, les installations de lieux de vie, de métiers nouveaux, la résistance judiciaire etc.

Il s’agira aussi de renforcer ici dans le Pays de Fougères les soutiens à la résistance au projet CIGEO, à BURE.

 

Rappel .

Fin 1993 : le projet d’enfouissement de déchets radioactifs est officiellement stoppé dans le Pays de Fougères suite à l’opposition massive de la population, au refus de beaucoup de conseils municipaux, aux craintes de l’agro-alimentaire du Pays de Fougères. Les élections législatives ont eu lieu en Mars 1993 mettant hors jeu les deux principaux promoteurs politiques du labo d’enfouissement.

Immédiatement après, en 1994, BURE, en Meuse, est pressenti pour devenir le site d’un « laboratoire d’enfouissement des déchets radioactifs » rejeté fortement depuis 1980 par toutes les communes visées en France… sauf par les deux conseils généraux de Meuse et Haute Marne en 1994.

Projets miniers : Une contestation du local au global

Fédéral/Local

Le collectif DesTerresMINÉes 35 s’est formé pour contester le permis exclusif de recherche (PER) de Dompierre-du-chemin. Puis, devant les autres foyers de lutte, il a évolué vers un discours et une contestation plus globale. Retour sur ce parcours.

Le PER de Dompierre était un projet minier, mené par la société d’exploration Variscan, qui concernait 17 communes entre Fougères et Vitré (Ille-et-Vilaine), et qui a été stoppé début 2017. Il s’agissait principalement d’extraire du tungstène, à la base des aciers extrêmement durs utilisés dans l’armement ou l’industrie en général. L’exploration consistait en des prélèvement effectués avec des tarières, donc des trous, et parfois des tranchées peu profondes. Mais en vérité les minerais présents étaient déjà connus après d’énormes recherches effectuées dans ces zones par le BRGM [1], jusqu’en 2000. Officiellement, les causes de l’arrêt du projet ont été longtemps inconnues malgré des demandes d’explications adressées à Variscan ou à l’État. Mais les opposantes et opposants direct.es savaient que la société avait des difficultés financières, et qu’elle avait déposé plusieurs demandes de permis d’exploration sans pouvoir toutes les assumer. Voilà qui révèle un aspect inquiétant de stratégie : les sociétés d’exploration testent aussi la capacité de la région à se mobiliser, l’acceptabilité sociale, et donc la possibilité ou non d’imposer de nouveaux projets.

En rouge les permis explorations minières du grand-ouest

Vers une contestation radicale et globale

Le collectif DesTerresMINÉes 35 s’était déjà constitué en association, il aurait pu cesser son activité après l’annonce de l’abandon du projet, mais ses membres actifs ont décidé de continuer les actions, principalement pour informer les mairies et la population. Puis il s’est donné pour vocation de monter une forme de fédération des différentes associations métropolitaines, mais aussi ultra-marines (il y a un projet catastrophique en Guyane, avec plusieurs associations pour le contester). L’idée de départ était un soutien mutuel entre les différentes luttes notamment pour les manifestations. Le choix de fédérer plusieurs luttes a donné une vraie victoire en Bretagne : huit associations se sont retrouvées à Paris à l’occasion de la journée «  Mines en France  » pour un rassemblement devant l’école du même nom  ; il y avait là les dirigeants politiques, les sociétés minières et les ingénieurs, habitués à se retrouver dans un entre-soi. Les opposants ont perturbé ce rendez-vous, et les médias ont réagi (France Inter, Reporterre, le Monde diplomatique). Cet événement a amené le conseil régional de Bretagne à s’opposer officiellement à la relance minière sur ses territoires. Dans les mois qui viennent, l’association souhaite continuer dans la même optique contre de le projet de réouverture de la mine de Salau, qui est le prochain projet important.

Les associations qui luttent contre les projets miniers pointent des problèmes importants, mais elles peinent à sortir des bons sentiments, et entrer dans un discours plus global qui impliquerait forcément un projet de décroissance. Si le choix de se fédérer fonctionne pour gagner, le discours radical ne fait pourtant pas l’unanimité, et certaines associations veulent avant tout que le projet local s’arrête, sans voir au-delà. Ceci dit, certaines associations de ce type continuent de fréquenter la fédération, puisque ça marche. C’est à ce moment-là que l’argument «  ni ici ni ailleurs  » doit porter.

Dans le collectif DesTerresMINÉes, on pense que la relance minière est la conséquence d’une société hyperconsumériste, donc c’est le fonctionnement de cette société qui est à remettre en cause. La seule réponse est de penser une autre forme de société consommant de manière beaucoup plus réduite. Seulement, si les questions sont réellement soulevées par le mouvement, le silence des médias fait que seules quelques dizaines d’individu.es sont concerné.es par la relance minière. C’est insuffisant pour lancer une réflexion d’ampleur dans l’opinion.

Daniel, du collectif DéTerreMINÉes 35

via alternativelibertaire.org

Centenaire de la révolution russe

Fédéral/Local

La Révolution russe – événement d’envergure planétaire dont on fête le centenaire cette année – ne se limite pas à un affrontement binaire entre tsaristes et bolcheviks.
Des forces politiques ont agi, à l’époque, pour proposer un autre modèle qu’une monarchie cruelle d’un côté, une dictature cynique de l’autre.
Le mouvement anarchiste s’est battu pour une démocratie fondée sur les soviets libres, et non inféodés au Parti communiste ; un socialisme fondé sur l’autogestion, et non sur l’étatisation totale de la vie économique.
En première ligne, mais minoritaires en 1917, les anarchistes et anarcho-syndicalistes s’efforcèrent de rattrapper leur retard et de créer la surprise. Nous raconterons comment.

“De la Révolution russe, les libertaires ne retiennent souvent que deux épisodes épiques et signifiants : la Makhnovchtchina, Cronstadt 1921. La séquence initiale de 1917-1918 est plus mal connue. C’est pourtant là que l’essentiel de la partie s’est joué pour le mouvement anarchiste.

Quelle était alors sa consistance, quel fut son rôle, quels choix opéra-t-il  ?

En février 1917, après l’effondrement des institutions impériales, émergea une administration alternative – les soviets, les comités d’usines –, base d’un possible pouvoir populaire. Possible, mais pas assuré. Beaucoup dépendrait de l’orientation imprimée par les différents courants politiques à l’œuvre.

Or, en février 1917, l’anarchisme était la composante la plus minoritaire du socialisme russe.

Certes, la politisation fulgurante du prolétariat et des conscrits entraîna alors une croissance pléthorique des partis et des syndicats, jusque-là clandestins. Mais comment transformer ce flot de convertis volatils en une force collective, capable de peser sur le cours des événements  ?

Toutes les organisations furent confrontées à cet enjeu, auquel le mouvement anarchiste ne put répondre. Par manque de moyens, assurément  ; par manque de volonté aussi, du fait d’un reliquat de spontanéisme hérité de la période «  terroriste  » de 1905-1906.

Des années plus tard, bien des militants souligneront ces lacunes. Voline déplorera le manque de «  cadres  » pour répandre les idées anarchistes et «  contrecarrer la puissante propagande et l’action bolchevistes  » [1]. Makhno en voudra aux «  anarchistes des villes  » de n’avoir pas épaulé ceux des campagnes [2]. Anatole Gorélik jugera qu’«  il y avait très peu de militants anarchistes de formation théorique suffisante  » et évoquera son angoisse quand, dans le Donbass, il voyait «  chaque semaine, des dizaines de représentants et délégués d’ouvriers  » qui réclamaient «  des orateurs et agitateurs, de la littérature politique, mais surtout une aide morale et théorique  » sans que son groupe soit en mesure de répondre à la demande [3].

Le mouvement anarchiste n’ayant pu surmonter à temps son handicap initial, une large part de sa mouvance fut satellisée, puis aspirée par le Parti bolchevik, que sa supériorité numérique et organisationnelle faisait apparaître comme un outil plus efficace pour parer au plus pressé : vaincre la bourgeoisie et la contre-révolution.”[4]

Pour plus de détail, n’hésite pas à venir à la réunion publique sur la révolution russe le 1er Novembre à 20h00 aux oiseaux de la tempête (14 rue de la pinterie – fougères) et le 2 novembre à Rennes au Panama.

 

 (1) Voline, La Révolution inconnue, tome 2, Entremonde, 2009, page 17.

 (2) Nestor Makhno, Mémoires et écrits 1917-1932, Ivrea, 2009, page 108.

 (3)Anatole Gorélik, cité dans Alexandre Skirda, Les Anarchistes russes, les soviets et la révolution de 1917, Editions de Paris-Max Chaleil, 2000, page 144.

 (4) Edito du dossier du mensuel d’Alternative Libertaire sur 1917

Pour le dossier complet : http://www.alternativelibertaire.org/?Dossier-1917-Edito-Les-anarchistes-leur-role-leurs-choix

Politiques Macron : désastres pour nous, caviar pour les autres

Fédéral

Démantèlement du code du travail, en augmentant le pouvoir du patron sur ses salariéEs, en créant un CDI qui n’est en fait qu’un CDD à durée illimitée pour le patron tant qu’il a besoin de toi (CDI chantier), baisses des aides aux collectivités territoriales garantes de la mise en place des solidarités, livret A en perte de vitesse pour plus de bénéfice pour les banques, attaque des politiques en faveur du logement… Le gouvernement ne s’interdit aucune politique antisociale, à la botte des riches et au détriment des autres.

Macron, joker de la bourgeoisie

Élu avec le relatif succès que l’on sait, Macron est mandaté pour contenir les explosions sociales et achever la destruction des acquis sociaux. En effet, si les résistances, les journées de grèves, les manifestations monstres n’ont pas suffit pour faire reculer les gouvernements, elles ont tout même freiné l’application des politiques ultra-libérales. Il s’agit alors d’en finir ! La suppression des cotisations sociales annonce la mort des protections solidaires ; la destruction du Code du Travail et du droit syndical annoncent l’atomisation du salariat ; la réforme des retraites attendue pour janvier 2018 annonce le pire… Et l’introduction des mesures de l’état d’urgence dans la loi banale annonce l’aggravation de la répression contre les militanEs.

Alors, comment construire le « toutes et tous ensemble » pour stopper l’offensive de la bourgeoisie portée par le gouvernement Macron ?

Redonner confiance dans les luttes collectives

Rien n’est pire que nier les difficultés. Le poids du chômage et de la précarité pèsent sur la vitalité des syndicats dans chaque entreprise et freinent l’extension des grèves. Le recul des traditions militantes combatives va de pair. Pour redonner confiance dans la force de la lutte collective nous devons tirer les leçons de nos échecs en 2010 et 2016. D’abord admettre ce constat : les grosses manifs, même massives, et les journées de grèves à répétition ne suffisent plus pour gagner. L’enjeu est donc bien de construire une contestation permanente, reconduite au quotidien jusqu’à la victoire. Mais comment atteindre la grève générale dans les conditions d’aujourd’hui ?

Grève, blocage, sabotage

La journée de grève est trop souvent gaspillée à piétiner derrière les camions à sandwichs. Elle doit au contraire être utile à réfléchir aux suites, au renforcement et à l’accélération de la mobilisation, service par service, entreprise par entreprise. L’occasion d’Assemblées Générales dans les zones industrielles et dans les villes pour rencontrer les salariés des autres secteurs, et d’autres syndicats. Et quand le rapport de forces est trop faible pour décréter la grève reconductible, les équipes les plus énergiques doivent imaginer d’autres modes d’action : blocages, filtrages, ralentissement et sabotage de l’activité économique.

Démultiplier

Pour un mouvement incluant l’ensemble des jeunes, des précaires, des retraités… il faut que partout se montent des AG par ville, capables d’impulser toute action qui puisse démultiplier les initiatives visant les zones industrielles et les axes majeurs de transport.

Autogestion

C’est dans ces formes de gestion collective des luttes que chacun et chacune prend confiance et peut s’investir, être utile. C’est aussi la meilleure école pour rendre crédible le projet de construire une société débarrassée des chefs et des patrons !

Galère à l’horizon pour les jeunes !

Fédéral

Jusqu’ici, et grâce à de nombreuses luttes, l’enseignement supérieur s’était démocratisé. Avec des frais d’inscriptions abordables et une possibilité pour toutes et tous bachelierEs d’entrer à l’université, de nombreuses et nombreux lycéeenNEs ont pu poursuivre leurs parcours après le lycée malgré les conditions souvent précaires des études.
Depuis quelques années les gouvernements successifs ont entamé une privatisation progressive des universités. Le gouvernement Macron n’est pas en reste car par de nombreuses mesures, il souhaite instaurer une sélection à l’entrée des universités, sans pour autant rendre plus accessibles d’autres parcours de formation, ce qui exclura une partie des lycéenNes de l’enseignement supérieur.

En parallèle la suppression des contrats aidés, souvent usités par des jeunes sans qualification et sans emploi (en fonction des années, ils représentaient 25 à 30 % des emplois occupés par des jeunes), et le non versement du RSA au moins de 25 ans, précarise encore un peu plus cette tranche d’âge.
La stratégie est simple : quand tu commence en galérant, un mi-temps à 600 euros semble être le paradis, habituer les jeunes à la galère, c’est les rendre moins exigeantEs sur leurs futurs jobs !

Alternative Libertaire se bat afin que la pauvreté ne devienne pas la norme !

Aller à Haut de page