J'aurai voulu être anarchiste pour pouvoir faire mon numéro.

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Fédéral

Notre-Dame-des-Landes : la ZAD a vaincu, la ZAD doit vivre

Fédéral/Local

Le gouvernement a enfin capitulé devant l’évidence : il n’y aura pas d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. C’est une victoire de la convergence des luttes ouvrières et paysannes. A présent, l’État doit renoncer à détruire la ZAD.

Ça y est  ! Le gouvernement a annoncé l’abandon du projet de délocalisation de l’aéroport de Nantes vers le site de Notre-Dame-des-Landes.

Il s’agit évidemment d’une victoire pour tout le mouvement d’opposition au projet. Il s’agit d’une victoire de l’unité du mouvement, dans sa diversité, allant du collectif ACIPA, aux occupants de la ZAD, en passant par toutes et tous les paysans organisés au sein de COPAIN, et enfin du plus récent collectif syndical contre l’aéroport – regroupant des militantes et militantes de la CGT, de Solidaires et de la CNT. Il s’agit d’une victoire de la convergence des luttes ouvrières et paysannes, un des moteurs de cette unité.

Il s’agit d’une victoire contre la destruction de terres agricoles et contre la dégradation de la biodiversité. Cette victoire nous permettra de réensemencer un espoir dans nos résistances contre le capitalisme dévoreur du monde vivant et de l’humanité.

Mais nous n’oublions pas que le conflit n’est pas terminé pour autant. Le gouvernement n’a pas encore mis en œuvre ce qu’il appelle la «  restauration de l’état de droit  » sur le site de Notre-Dame-des-Landes, c’est à dire réimposer l’ordre capitaliste sur cette poussière territoriale qui lui échappe depuis 2012. Choisiront-ils, comme cela se murmure par-ci, par-là, une solution comme au Larzac dans les années 1980 où l’État a cédé la gestion du foncier aux agriculteurs  ? Dans ce cas des compromis seront trouvés et la situation s’apaisera. Les expérimentations sociales et agricoles en cours sur la ZAD s’inscriront dans un cadre de compromis avec les pouvoirs publics.

Mais si le gouvernement choisit l’affrontement, s’il envoie des milliers de militaires avec, comme certains l’annoncent, des véhicules blindés et le génie de l’armée pour détruire les barricades et les habitations de la ZAD, il sera le seul responsable de ce qui se déroulera sur le site, mais aussi dans les villes comme Nantes et Rennes. Dans un tel scénario, Alternative libertaire s’associera à l’appel à mobilisation du mouvement d’opposition au projet. Une mobilisation qui s’organisera aussi bien dans et autour du site que dans toutes les villes où s’active l’un des 200 comités de soutien créés dans l’Hexagone.

Déjà, sans attendre la décision du gouvernement, que toutes celles et ceux qui s’opposent la destruction de zones humides et de terres agricoles affirment collectivement leur volonté de s’opposer aux expulsions, au travers de manifestations partout où elles seront organisées, et en particulier le 10 février, lors du rassemblement sur la ZAD.

En 2012, c’est par dizaines de milliers que des manifestantes et des manifestants ont convergé vers Notre-Dame-des-Landes. «  L’opération César  » s’est terminée par une déroute en rase campagne de la gendarmerie. Depuis, le mouvement s’est renforcé. Si le gouvernement choisit l’affrontement, nous nous mobiliserons pour une victoire complète à Notre-Dame-des-Landes.

via alternativelibertaire.org

Ni à Fougères, ni à Bure, mais autrement !

Fédéral/International/Local

Un groupe de BURE résistant au projet d’enfouissement des déchets radioactifs (CIGEO – centre industriel de stockage géologique) sera présent LUNDI 8 Janvier à FOUGERES.

Le COEDRA et les Oiseaux de la tempête organisent cet événement public et gratuit, au local autogéré 14 rue Pinterie à FOUGERES.

 

Au programme

À partir de 16h :

Ouverture au public pour

  • rencontres informelles avec le groupe de BURE.
  • exposition de photos sur la lutte de BURE – 50 photos
  • documentations et présentation du livre « BURE ou la bataille du nucléaire »
  • projections

19h30  : repas et panier partagé grâce aux paniers des participants.

20h30  : débat , projections, projets …

 

Au travers de la promotion du livre « BURE ou la bataille du nucléaire », il s’agira d’informer sur la lutte contre l’enfouissement des DRA en cours à BURE : état des lieux sur l’emprise de l’ANDRA et de l’économie nucléaire en Meuse et Haute Marne, point sur la maison de la résistance, l’occupation du Bois Lejuc, les installations de lieux de vie, de métiers nouveaux, la résistance judiciaire etc.

Il s’agira aussi de renforcer ici dans le Pays de Fougères les soutiens à la résistance au projet CIGEO, à BURE.

 

Rappel .

Fin 1993 : le projet d’enfouissement de déchets radioactifs est officiellement stoppé dans le Pays de Fougères suite à l’opposition massive de la population, au refus de beaucoup de conseils municipaux, aux craintes de l’agro-alimentaire du Pays de Fougères. Les élections législatives ont eu lieu en Mars 1993 mettant hors jeu les deux principaux promoteurs politiques du labo d’enfouissement.

Immédiatement après, en 1994, BURE, en Meuse, est pressenti pour devenir le site d’un « laboratoire d’enfouissement des déchets radioactifs » rejeté fortement depuis 1980 par toutes les communes visées en France… sauf par les deux conseils généraux de Meuse et Haute Marne en 1994.

Projets miniers : Une contestation du local au global

Fédéral/Local

Le collectif DesTerresMINÉes 35 s’est formé pour contester le permis exclusif de recherche (PER) de Dompierre-du-chemin. Puis, devant les autres foyers de lutte, il a évolué vers un discours et une contestation plus globale. Retour sur ce parcours.

Le PER de Dompierre était un projet minier, mené par la société d’exploration Variscan, qui concernait 17 communes entre Fougères et Vitré (Ille-et-Vilaine), et qui a été stoppé début 2017. Il s’agissait principalement d’extraire du tungstène, à la base des aciers extrêmement durs utilisés dans l’armement ou l’industrie en général. L’exploration consistait en des prélèvement effectués avec des tarières, donc des trous, et parfois des tranchées peu profondes. Mais en vérité les minerais présents étaient déjà connus après d’énormes recherches effectuées dans ces zones par le BRGM [1], jusqu’en 2000. Officiellement, les causes de l’arrêt du projet ont été longtemps inconnues malgré des demandes d’explications adressées à Variscan ou à l’État. Mais les opposantes et opposants direct.es savaient que la société avait des difficultés financières, et qu’elle avait déposé plusieurs demandes de permis d’exploration sans pouvoir toutes les assumer. Voilà qui révèle un aspect inquiétant de stratégie : les sociétés d’exploration testent aussi la capacité de la région à se mobiliser, l’acceptabilité sociale, et donc la possibilité ou non d’imposer de nouveaux projets.

En rouge les permis explorations minières du grand-ouest

Vers une contestation radicale et globale

Le collectif DesTerresMINÉes 35 s’était déjà constitué en association, il aurait pu cesser son activité après l’annonce de l’abandon du projet, mais ses membres actifs ont décidé de continuer les actions, principalement pour informer les mairies et la population. Puis il s’est donné pour vocation de monter une forme de fédération des différentes associations métropolitaines, mais aussi ultra-marines (il y a un projet catastrophique en Guyane, avec plusieurs associations pour le contester). L’idée de départ était un soutien mutuel entre les différentes luttes notamment pour les manifestations. Le choix de fédérer plusieurs luttes a donné une vraie victoire en Bretagne : huit associations se sont retrouvées à Paris à l’occasion de la journée «  Mines en France  » pour un rassemblement devant l’école du même nom  ; il y avait là les dirigeants politiques, les sociétés minières et les ingénieurs, habitués à se retrouver dans un entre-soi. Les opposants ont perturbé ce rendez-vous, et les médias ont réagi (France Inter, Reporterre, le Monde diplomatique). Cet événement a amené le conseil régional de Bretagne à s’opposer officiellement à la relance minière sur ses territoires. Dans les mois qui viennent, l’association souhaite continuer dans la même optique contre de le projet de réouverture de la mine de Salau, qui est le prochain projet important.

Les associations qui luttent contre les projets miniers pointent des problèmes importants, mais elles peinent à sortir des bons sentiments, et entrer dans un discours plus global qui impliquerait forcément un projet de décroissance. Si le choix de se fédérer fonctionne pour gagner, le discours radical ne fait pourtant pas l’unanimité, et certaines associations veulent avant tout que le projet local s’arrête, sans voir au-delà. Ceci dit, certaines associations de ce type continuent de fréquenter la fédération, puisque ça marche. C’est à ce moment-là que l’argument «  ni ici ni ailleurs  » doit porter.

Dans le collectif DesTerresMINÉes, on pense que la relance minière est la conséquence d’une société hyperconsumériste, donc c’est le fonctionnement de cette société qui est à remettre en cause. La seule réponse est de penser une autre forme de société consommant de manière beaucoup plus réduite. Seulement, si les questions sont réellement soulevées par le mouvement, le silence des médias fait que seules quelques dizaines d’individu.es sont concerné.es par la relance minière. C’est insuffisant pour lancer une réflexion d’ampleur dans l’opinion.

Daniel, du collectif DéTerreMINÉes 35

via alternativelibertaire.org

Centenaire de la révolution russe

Fédéral/Local

La Révolution russe – événement d’envergure planétaire dont on fête le centenaire cette année – ne se limite pas à un affrontement binaire entre tsaristes et bolcheviks.
Des forces politiques ont agi, à l’époque, pour proposer un autre modèle qu’une monarchie cruelle d’un côté, une dictature cynique de l’autre.
Le mouvement anarchiste s’est battu pour une démocratie fondée sur les soviets libres, et non inféodés au Parti communiste ; un socialisme fondé sur l’autogestion, et non sur l’étatisation totale de la vie économique.
En première ligne, mais minoritaires en 1917, les anarchistes et anarcho-syndicalistes s’efforcèrent de rattrapper leur retard et de créer la surprise. Nous raconterons comment.

“De la Révolution russe, les libertaires ne retiennent souvent que deux épisodes épiques et signifiants : la Makhnovchtchina, Cronstadt 1921. La séquence initiale de 1917-1918 est plus mal connue. C’est pourtant là que l’essentiel de la partie s’est joué pour le mouvement anarchiste.

Quelle était alors sa consistance, quel fut son rôle, quels choix opéra-t-il  ?

En février 1917, après l’effondrement des institutions impériales, émergea une administration alternative – les soviets, les comités d’usines –, base d’un possible pouvoir populaire. Possible, mais pas assuré. Beaucoup dépendrait de l’orientation imprimée par les différents courants politiques à l’œuvre.

Or, en février 1917, l’anarchisme était la composante la plus minoritaire du socialisme russe.

Certes, la politisation fulgurante du prolétariat et des conscrits entraîna alors une croissance pléthorique des partis et des syndicats, jusque-là clandestins. Mais comment transformer ce flot de convertis volatils en une force collective, capable de peser sur le cours des événements  ?

Toutes les organisations furent confrontées à cet enjeu, auquel le mouvement anarchiste ne put répondre. Par manque de moyens, assurément  ; par manque de volonté aussi, du fait d’un reliquat de spontanéisme hérité de la période «  terroriste  » de 1905-1906.

Des années plus tard, bien des militants souligneront ces lacunes. Voline déplorera le manque de «  cadres  » pour répandre les idées anarchistes et «  contrecarrer la puissante propagande et l’action bolchevistes  » [1]. Makhno en voudra aux «  anarchistes des villes  » de n’avoir pas épaulé ceux des campagnes [2]. Anatole Gorélik jugera qu’«  il y avait très peu de militants anarchistes de formation théorique suffisante  » et évoquera son angoisse quand, dans le Donbass, il voyait «  chaque semaine, des dizaines de représentants et délégués d’ouvriers  » qui réclamaient «  des orateurs et agitateurs, de la littérature politique, mais surtout une aide morale et théorique  » sans que son groupe soit en mesure de répondre à la demande [3].

Le mouvement anarchiste n’ayant pu surmonter à temps son handicap initial, une large part de sa mouvance fut satellisée, puis aspirée par le Parti bolchevik, que sa supériorité numérique et organisationnelle faisait apparaître comme un outil plus efficace pour parer au plus pressé : vaincre la bourgeoisie et la contre-révolution.”[4]

Pour plus de détail, n’hésite pas à venir à la réunion publique sur la révolution russe le 1er Novembre à 20h00 aux oiseaux de la tempête (14 rue de la pinterie – fougères) et le 2 novembre à Rennes au Panama.

 

 (1) Voline, La Révolution inconnue, tome 2, Entremonde, 2009, page 17.

 (2) Nestor Makhno, Mémoires et écrits 1917-1932, Ivrea, 2009, page 108.

 (3)Anatole Gorélik, cité dans Alexandre Skirda, Les Anarchistes russes, les soviets et la révolution de 1917, Editions de Paris-Max Chaleil, 2000, page 144.

 (4) Edito du dossier du mensuel d’Alternative Libertaire sur 1917

Pour le dossier complet : http://www.alternativelibertaire.org/?Dossier-1917-Edito-Les-anarchistes-leur-role-leurs-choix

Politiques Macron : désastres pour nous, caviar pour les autres

Fédéral

Démantèlement du code du travail, en augmentant le pouvoir du patron sur ses salariéEs, en créant un CDI qui n’est en fait qu’un CDD à durée illimitée pour le patron tant qu’il a besoin de toi (CDI chantier), baisses des aides aux collectivités territoriales garantes de la mise en place des solidarités, livret A en perte de vitesse pour plus de bénéfice pour les banques, attaque des politiques en faveur du logement… Le gouvernement ne s’interdit aucune politique antisociale, à la botte des riches et au détriment des autres.

Macron, joker de la bourgeoisie

Élu avec le relatif succès que l’on sait, Macron est mandaté pour contenir les explosions sociales et achever la destruction des acquis sociaux. En effet, si les résistances, les journées de grèves, les manifestations monstres n’ont pas suffit pour faire reculer les gouvernements, elles ont tout même freiné l’application des politiques ultra-libérales. Il s’agit alors d’en finir ! La suppression des cotisations sociales annonce la mort des protections solidaires ; la destruction du Code du Travail et du droit syndical annoncent l’atomisation du salariat ; la réforme des retraites attendue pour janvier 2018 annonce le pire… Et l’introduction des mesures de l’état d’urgence dans la loi banale annonce l’aggravation de la répression contre les militanEs.

Alors, comment construire le « toutes et tous ensemble » pour stopper l’offensive de la bourgeoisie portée par le gouvernement Macron ?

Redonner confiance dans les luttes collectives

Rien n’est pire que nier les difficultés. Le poids du chômage et de la précarité pèsent sur la vitalité des syndicats dans chaque entreprise et freinent l’extension des grèves. Le recul des traditions militantes combatives va de pair. Pour redonner confiance dans la force de la lutte collective nous devons tirer les leçons de nos échecs en 2010 et 2016. D’abord admettre ce constat : les grosses manifs, même massives, et les journées de grèves à répétition ne suffisent plus pour gagner. L’enjeu est donc bien de construire une contestation permanente, reconduite au quotidien jusqu’à la victoire. Mais comment atteindre la grève générale dans les conditions d’aujourd’hui ?

Grève, blocage, sabotage

La journée de grève est trop souvent gaspillée à piétiner derrière les camions à sandwichs. Elle doit au contraire être utile à réfléchir aux suites, au renforcement et à l’accélération de la mobilisation, service par service, entreprise par entreprise. L’occasion d’Assemblées Générales dans les zones industrielles et dans les villes pour rencontrer les salariés des autres secteurs, et d’autres syndicats. Et quand le rapport de forces est trop faible pour décréter la grève reconductible, les équipes les plus énergiques doivent imaginer d’autres modes d’action : blocages, filtrages, ralentissement et sabotage de l’activité économique.

Démultiplier

Pour un mouvement incluant l’ensemble des jeunes, des précaires, des retraités… il faut que partout se montent des AG par ville, capables d’impulser toute action qui puisse démultiplier les initiatives visant les zones industrielles et les axes majeurs de transport.

Autogestion

C’est dans ces formes de gestion collective des luttes que chacun et chacune prend confiance et peut s’investir, être utile. C’est aussi la meilleure école pour rendre crédible le projet de construire une société débarrassée des chefs et des patrons !

Galère à l’horizon pour les jeunes !

Fédéral

Jusqu’ici, et grâce à de nombreuses luttes, l’enseignement supérieur s’était démocratisé. Avec des frais d’inscriptions abordables et une possibilité pour toutes et tous bachelierEs d’entrer à l’université, de nombreuses et nombreux lycéeenNEs ont pu poursuivre leurs parcours après le lycée malgré les conditions souvent précaires des études.
Depuis quelques années les gouvernements successifs ont entamé une privatisation progressive des universités. Le gouvernement Macron n’est pas en reste car par de nombreuses mesures, il souhaite instaurer une sélection à l’entrée des universités, sans pour autant rendre plus accessibles d’autres parcours de formation, ce qui exclura une partie des lycéenNes de l’enseignement supérieur.

En parallèle la suppression des contrats aidés, souvent usités par des jeunes sans qualification et sans emploi (en fonction des années, ils représentaient 25 à 30 % des emplois occupés par des jeunes), et le non versement du RSA au moins de 25 ans, précarise encore un peu plus cette tranche d’âge.
La stratégie est simple : quand tu commence en galérant, un mi-temps à 600 euros semble être le paradis, habituer les jeunes à la galère, c’est les rendre moins exigeantEs sur leurs futurs jobs !

Alternative Libertaire se bat afin que la pauvreté ne devienne pas la norme !

Aux alentours de Fougères : abandons précipités des TAP, beaucoup d’animateurs sur le carreau

Fédéral/Local

On a beaucoup parlé en ce début d’année 2017 du retour à la semaine d’école à 4 jous plutôt que 4 jours et demi, beaucoup moins des conséquences en coulisse dans les communes ayant fait le choix de cette modification.

Au-delà des débats sur la pertinence du rythme scolaire le plus adéquat, dans lequel nous ne rentrerons pas, ce retour à la semaine à 4 jours signifie dans nombre d’écoles, la suppression des temps périscolaires. Afin de les mettre en place, les communes choisissaient soit de recruter des animateurs et des animatrices soit de mandater des associations et des entreprises pour le faire. Les annonces sur le retour à 4 jours ont été rapides, et les décisions tout autant, à la rentrée c’est probablement plusieurs centaines de salariéEs qui se retrouvent alors licenciéEs économiquement sur l’Est du département.

L’école et son organisation sont politiques, les gouvernements successifs veulent tous y mettre leur empreinte, sans se soucier de l’organisation technique de ces réformes et des conséquences pour les personnes qui en vivent, les enfants et les parents.

La mise en place des temps périscolaires a été brutale, obligeant les municipalités à inventer dans la précipitation des solutions, et les municipalités pour certaines font un choix tout aussi brutal en revenant très rapidement à l’ancienne formule sans préparation, ni préavis, mettant ainsi de nombreuses personnes au chômage au mois de septembre. Les salariéEs animant les temps périscolaire avaient mis en place des outils et développé des compétences, qui aujourd’hui ne seront plus utilisées par défaut de réflexion globale des modalités et et des méthodes d’éducation. La prise en charge des questions éducatives doit viser au bien-être des enfants et non à la gestion de temps scindés les uns des autres sans articulation et réflexion. Les TAP auraient pu, si l’investissement avait été à la hauteur, produire des temps réflechis entre animateurs-rices et enseignantEs, des temps qui n’auraient pas été pour remplir les trous de l’emploi du temps des enfants mais ceux de l’éducation populaire !

Mettre en place des politiques pour les détricoter quelques années plus tard, c’est ne pas tenir compte des enfants à qui on impose en fonction des volontés des uns et des autres, des rythmes différents d’une année à l’autre, ce n’est pas tenir compte des parents, qui cherchent à organiser leur travail ou activité en fonction des temps scolaires, ce n’est pas tenir compte des salariéEs qui subissent ces décisions politiques.

Alternative Libertaire Fougères condamne ces choix non réfléchis aux conséquences désastreuses pour de nombreuses personnes et soutient l’ensemble des salariéEs touchéEs par ces licenciements économiques. Aussi, nous tenons à rappeler que l’animation est malgré les compétences qu’elle nécessite, un travail payé au lance-pierre, et les personnes qui en vivent sont trop souvent une variable d’ajustement, sans rythme, ni salaire adéquat, ce n’est pas parce que beaucoup font leur travail avec passion qu’il faut l’apparenter à du bénévolat !

Bure : pourquoi l’État tient tant à briser la contestation

Fédéral

Encore 30 blessés le 15 août. Cigéo, le projet démentiel d’une poubelle éternelle est censé redorer le blason technologique d’une filière nucléaire aux abois.

Le mardi 15 août 2017, à Bure (Meuse), une manifestation de plus de 800 personnes a tenté de rejoindre un site archéologique datant du néolithique mis à jour dernièrement et occulté par l’Agence nationale pour les déchets radioactifs (Andra). La quinzaine de fourgons de gardes mobiles et le canon à eau ont provoqué le cortège à la sortie du village de Saudron. Résultat : plus de 30 blessés et 3 hospitalisations, dont une pourrait entraîner l’amputation de plusieurs orteils. L’État a donc décidé non seulement de militariser la région, en mettant en danger la vie des opposant.es.

Comment en est-on arrivé là ? Un flash-back s’impose.

Cela fait plusieurs années que l’opposition enfle contre le projet délirant d’un site d’enfouissement de déchets nucléaire censé durer des centaines de milliers d’années sur le site de Bure.

Depuis « l’été d’urgence 2016 », l’attention des opposant.es s’est portée sur le bois Lejuc. L’Andra a commencé à défricher pour y construire des puits d’évacuation des gaz qui se dégageraient des futurs fûts enfouis. La vente de ce bois à l’Andra, le 2 juillet 2015, par le conseil municipal de Mandres-en-Barrois, a été annulée par la justice le 22 février 2017 en raison d’irrégularités. Elle a été reconfirmée de justesse par le conseil municipal du 18 mai 2017, mais un nouveau recours a été déposé, soutenu par le réseau Sortir du nucléaire.

Le bois a été occupé par des opposant.es mi-juin 2016, avant d’être expulsé.es. l’Andra a alors construit illégalement un mur de 2 mètres de haut pour protéger ses travaux. Une deuxième occupation a été organisée mi-juillet malgré la forte répression des gardes mobiles, parfois épaulés par… la milice privée de l’Andra ! Suite à la démission du directeur de l’Andra, et en l’absence de la police, une foule de 400 personnes a abattu le mur le 14 août 2016. Un joli coup, qui, ajouté aux recours juridiques et aux occupations, a porté ses fruits puisque les travaux du bois Lejuc ont été déclarés illégaux par la justice, l’Andra devant même remettre en état la forêt.

Lors de la journée d’action du 18 février 2017, près de 600 personnes ont atteint le laboratoire de l’Andra, protégé par un important dispositif policier. La foule a fait tomber les grilles du laboratoire malgré les grenades assourdissantes et de désencerclement qui ont blessé une vingtaine de personnes – deux ont été hospitalisées.

Cet été, enfin, du 11 au 13 août, le festival Bure’lesque a rassemblé plus d’un millier de participant.es dans un cadre festif proposant conférences, projections, débats, spectacles vivants et concerts.

Cigéo pour masquer le naufrage nucléaire

La lutte à Bure démontre que l’Andra est prête à tout pour mener à bien son projet, au mépris de l’avis des populations et des conséquences écologiques. C’est que, derrière l’Andra, toute la filière nucléaire française mise sur l’aboutissement du projet Cigéo.

La filière nucléaire française s’enfonce en effet dans une crise irrémédiable. Affectée par le scandale Uramin en 2007, Areva ne parvient pas à se dépêtrer des chantiers EPR de Flamanville (Manche), de Taishan (Chine) et d’Olkiluoto (Finlande), et va s’en ajouter un quatrième à Hinckley Point, en Grande-Bretagne, qui risque d’être le boulet de trop. Quant à EDF, le coût du démantèlement des centrales nucléaires – inéluctable quoique toujours repoussé – est toujours inconnu, et la gestion des déchets est insoluble. Le projet Cigéo de Bure doit donc prouver au marché mondial que la filière française, malgré ses difficultés, est toujours à la pointe de la technologie.

Elle pourra, pour cela, compter sur l’appui de l’Etat français – rappelons que le Premier ministre, Édouard Philippe, a été directeur des affaires publiques d’Areva entre 2007 et 2010.

Pour une alternative à ce système

Du pillage colonial des mines d’uranium du Niger à la création d’une poubelle éternelle à Bure, en passant par le sacrifice de la santé des salarié.es et des populations locales : la société nucléaire est nécessairement policière et antidémocratique !

Le courant communiste libertaire soutient la lutte à Bure, à Flamanville et partout ailleurs. Nous devons populariser la nécessité d’une sortie totale du nucléaire, en premier lieu par la réduction de la consommation d’électricité à l’échelle de la société et le développement des énergies renouvelables, avec une production décentralisée et sous contrôle populaire pour éviter la récupération par les capitalistes, comme on le voit déjà avec le business des éoliennes géantes. La question de la gestion des déchets nucléaires se posera après l’arrêt de leur production.

Pour y parvenir, on voit bien que la voie institutionnelle est inopérante : la loi de transition énergétique, censée ramener à 50 % la part du nucléaire dans la production française d’électricité n’entraîne aucun acte concret, même avec la présence cosmétique d’un ministre écologiste au gouvernement. On n’imposera le changement que par la lutte.

Fred (AL Nancy)

via alternativelibertaire.org

Mettons Jupiter à terre !

Fédéral


Suppression des cotisations sociales, démantèlement du Code du Travail, réforme des retraites : le gouvernement Macron est là pour achever la destruction des droits sociaux conquis par les travailleurs et les travailleuses. Alors tirons les leçons des luttes passées et poussons vers une grève générale prolongée pour bloquer l’économie.

40 ans d’austérité

Confrontés à une croissance faible qui n’exclut pas des profits importants pour les patrons, les gouvernements de droite comme de gauche (sauf l’intermède 1981/82) appliquent loyalement le programme de la bourgeoisie : l’austérité. C’est le nom donné aux politiques qui visent à reprendre aux travailleurs et aux travailleuses les acquis sociaux et syndicaux arrachés par les luttes depuis la Libération.

Cette politique nécessairement impopulaire a provoqué l’alternance droite/gauche quasi-automatique, les électeurs et électrices mettant leur espoir dans les promesses de changement. La déception répétée finit par fragiliser tout le système politique : montée de l’abstention, vote Le Pen… la Ve République est un champ de ruines. Si les plus riches ont bien profité de la période, ils s’inquiètent maintenant que la colère populaire n’est plus canalisée dans les urnes. Les stratèges les plus éclairés de la bourgeoisie ont alors inventé Macron. Ni de droite, ni de gauche, ni même du centre : moderne !

Macron, joker de la bourgeoisie

Elu avec le relatif succès que l’on sait, Macron est mandaté pour contenir les explosions sociales et achever la destruction des acquis sociaux. En effet, si les résistances, les journées de grèves, les manifestations monstres n’ont pas suffit pour faire reculer les gouvernements, elles ont tout même freiné l’application des politiques ultra-libérales. De ce point de vue, la France est en retard, il s’agit d’en finir ! La suppression des cotisations sociales annonce la mort des protections solidaires ; le délabrement de l’éducation publique annonce la victoire de l’enseignement privé du primaire à l’université ; la destruction du Code du Travail et du droit syndical annoncent l’atomisation du salariat ; la réforme des retraites attendues pour janvier 2018 annonce le pire… Et l’introduction des mesures de l’état d’urgence dans la loi banale annonce l’aggravation de la répression contre les syndicalistes, militant-e-s écologistes, solidaires des migrant-e-s

Stop ou encore ?

Macron s’effondre déjà dans les sondages et la nouvelle politique transparente promise devient la construction secrète d’ordonnances ! Jamais le terme « rentrée sociale » n’aura été aussi vrai. Assurons donc le succès du rendez-vous le 30 août contre l’Université d’été du Medef et la journée de grève du 12 septembre.

Mais tirons les leçons des luttes passées. Les syndicats qui combattent encore nous préparent trois journées de mobilisations éparpillées en septembre. Mieux que rien mais insuffisant pour gagner. Quitte à perdre trois jours de salaire, c’est un appel à trois jours de grève générale que les syndicats et les salarié-e-s doivent construire. Trois jours de blocage de l’économie, des zones industrielles et des quartiers, des lycées et des facultés. Alors nous serons en meilleure situation pour décider des suites au matin du quatrième jour et pour faire grandir les forces de la rupture anticapitaliste !

Via alternativelibertaire.org

Quand les vieux pensent aux “jeunes”

Fédéral

Au début du mois de novembre, le premier ministre Manuel Valls reprenait position en faveur du service civique obligatoire en ces termes :
« Il y a une telle énergie parmi nos jeunes, une telle volonté d’être utile ; il faut l’encourager, et lui donner des moyens de s’exprimer. C’est pour cela que je plaide pour un service civique obligatoire qui permette aux jeunes françaises et aux jeunes français d’agir ensemble pour l’intérêt général ».
Comment ne par rire en pensant qu’ajouter 3 mois de propagande gouvernementale en faveur des institutions en place ainsi que la mention « obligatoire » à un dispositif déjà existant puisse être vu comme un encouragement ?
Mais à l’hilarité s’ajoute la surprise puisque l’amendement de la loi égalité et citoyenneté prévoyant la mise en place de ce service civique obligatoire a disparu suite à son passage en lecture au Sénat au cours du mois d’octobre dernier.
On pourrait nous croire satisfait de cette disparition, mais la droite sénatoriale ne s’est pas seulement prononcée contre le service civique obligatoire « en raison notamment de l’incapacité matérielle et financière des structures d’accueil à le mettre en œuvre ». Mais ils ont eux aussi pensé aux jeunes en votant un amendement proposant un nouveau type de contrat aidé pour les moins de 25 ans : le « Contrat d’Emploi Appoint Jeunes » dont les revenus seraient exonérés de charges patronales et d’impôts dans la limite d’un RSA.
Ce contrat est ouvertement inspiré des mini-jobs à l’allemande, des contrats cumulables et soustraits à toute idée de salaire minimum, présentés comme étant largement responsables « du miracle économique » teuton. Seulement voilà, si l’Allemagne connaît actuellement un taux de chômage historiquement bas, c’est aussi, d’après l’OCDE, le pays développé où les inégalités et la pauvreté ont le plus progressé. Et on voit là un projet sur lequel la droite du Sénat et les socialistes du gouvernement s’accordent : augmenter la précarité au travail afin de réduire les chiffres du chômage coûte que coûte. Et ce projet sous-tend l’idée du C.E.A.J. et celle du Service Civique Obligatoire autant que celle de la loi travail.
Car ne nous y trompons pas, ces contrats précaires à destination des jeunes ne sont qu’une resucée du C.P.E. que nous avons déjà vivement refusé il y a de cela plus de 10 ans. Et ils constituent eux aussi, tout autant que les 3 mois de propagande gouvernementale prévu initialement, un projet d’endoctrinement. Il s’agit d’habituer la part la plus jeune de notre population à accepter les exigences du capitalisme néolibéral, de s’habituer à cumuler jusqu’à 5 contrats de 3h dans le mois, de s’habituer à voir le S.M.I.C. comme un horizon indépassable. Mais il s’agit aussi de mettre les travailleurs en compétition, toute réforme sur les retraites et sur le travail des jeunes finissant  par impacter les salariés dont le travail deviendra définitivement trop cher.
Ainsi le projet sénatorial est-il tout aussi préoccupant que le Service Civique Obligatoire, qu’il ne nous faut pas oublier. En effet suite à l’adoption du texte par le Sénat, et l’échec de la commission paritaire mixte à trouver un accord entre les deux chambres, ce sera à l’Assemblée Nationale, où le gouvernement possède la majorité, que la version finale du texte sera votée. Si le premier ministre reprend position sur le sujet cela nous montre que le projet n’est pas mort.

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