Piquet de grève à la Poste de Fougères

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Ça fait des années que partout en France, les guichets de la Poste ferment, les uns après les autres. Pas tous d’un coup non, le risque de révolte serait trop grand. Mais le temps passe et ils ferment : on pouvait en compter près de 14000 entre 1980 et 2004, puis les chiffres diminuent sans cesse, pour passer à près de 10000 en 2010 et 7700 en 2019. (1)

Mais tout va bien, les bureaux ne ferment pas vraiment, ils évoluent : un bout de mairie par ci, un buraliste par là. C’est pas toujours le service attendu, mais ça dépanne bien non ? Parce que la direction de la Poste nous l’a bien fait comprendre : les usager et usagères désertent les bureaux de poste. Y’a internet maintenant et le régime minceur de la poste n’est qu’une adaptation nécessaire à l’évolution du numérique. Rien à voir bien sûr avec la privatisation de la Poste, qui demande elle aussi de réduire les coûts, ce qui est bien arrangeant.

D’ailleurs pour baisser les coûts (entendre par là réduire le nombre de salarié.e.s), le nombre des tournées de distribution diminuent aussi. Les mêmes courriers et les mêmes colis doivent être distribués par de moins en moins de facteurs et factrices, sans plus de temps pour le faire. En augmentant les cadences et en sacrifiant le rôle social des facteurs et factrices. Et grâce au logiciel GEOPAD, capable d’optimiser les trajets de tournée, parfois en traversant des murs…


Aujourd’hui c’est au tour du secteur de Fougères de subir un nouveau régime (2) : dès le 16 mars sont prévues la fermeture du bureau de poste de Châtillon-en-Vendelais , la suppression de tournées à Louvigné-du-désert et St-Brice-en-Cogles et une augmentation de la charge de travail pour les facteurs et factrices de Fougères. Et cela sans oublier les mauvaises conditions de travail déjà présentes, les salaires minables et la précarisation du métier avec les embauches en CDD.


Pour faire connaître la situation, construire une lutte plus massive, trouver d’autre moyens d’organiser la distribution du courrier et des colis plus équitables pour toutes et tous, rejoignons la grève des postiers et postières devant la Poste du Paron, 16 rue des compagnons d’Emmaüs !


1. http://pls.upu.int/pls/ap/ssp_report.main?p_language=FR

2. http://www.cgt35.fr/La-Poste-guichetiers-de-Fougeres.html

Le débat sur l’écriture inclusive s’invite au conseil municipal de Fougères, le groupe féministe réagit.

[Communiqué du GFF] Au dernier conseil municipal des élu.es de différents parties (RN, droite) ont manifesté leur opposition à l’usage dans un règlement intérieur interne à la mairie de l’écriture dite inclusive ou égalitaire. Le GFF souhaite réagir. L’usage de l’écriture inclusive permet de visibiliser la moitié de la population et s’il y a plusieurs façons d’user de cette écriture (point, tiret, majuscule, double flexion, …), c’est parce que la langue est en cours d’évolution, et que de nombreuses personnes, groupes, institutions tentent des usages différents de l’écriture pour refléter la place que les femmes ont aujourd’hui dans la société, à la suite des combats passés et en cours.Rappelons aussi que si le français est aussi excluant ce n’est pas pour simplifier la langue, mais par choix, par choix volontaire et assumé d’en exclure les femmes. Avant le 17ème siècle, les usages étaient mouvants mais tous les métiers se nommaient au féminin et au masculin, les accords se faisaient soit par proximité, soit par majorité (il y a plus de femmes dans la pièce donc je parle au féminin). Puis au 17ème, l’académie française a choisi d’anoblir la langue, elle a masculinisé les métiers prestigieux de l’époque (docteur, avocat, écrivain, peintre, auteur, …) et a décidé que dans la langue le masculin plus noble, devait l’emporter sur le féminin. La langue a à certains moments été complexifiée, et des refus de la simplifier ont régulièrement été émis par l’académie française par exemple (” [L’Académie] déclare qu’elle désire suivre l’ancienne orthographe qui distingue les gens de lettres d’avec les ignorants et les simples femmes.] L’académicien Mezeray, 1673*”. Notre langue écrite est l’héritage d’une vision excluante et misogyne de la société, elle est le reflet d’une action mise en place par un groupe dominant afin d’imposer cet usage. En tant qu’utilisateurs et utilisatrices de cette langue, nous agissons dessus pour en faire évoluer l’usage et qu’il corresponde à nos représentations de la société. S’accrocher à la langue telle qu’elle est c’est aussi accepter qu’elle soit faite pour en exclure de nombreuses personnes ! La langue n’est pas figée, elle évolue constamment. Pourquoi cette évolution cristallise-t-elle plus de conflit que les autres, si ce n’est que les choix faits autour de cette question évoquent le type de société que nous voulons !Pour ce qui est de l’exclusion des dyslexiques et des étranger.es, elle tient davantage aux règles souvent illogiques et exceptions de notre langue, qu’à la mise en place de l’écriture inclusive qui parfois est plus intuitive (utiliser autrice est plus intuitif qu’utiliser auteur par exemple). Si la complexité de l’écriture du français inquiète le RN sur les conséquences dans les apprentissages de l’orthographe, nous les invitons à prendre part aux réflexions autour des réformes de l’orthographe, réflexion qui vise à impulser des évolutions nécessaires pour que la retranscription écrite de la langue soit moins difficile à apprendre.

Rassemblement contre la loi sécurité globale

La loi de «  sécurité globale  » intervient dans un contexte sanitaire muselant en partie la contestation. Et l’argument du terrorisme est avancé pour faire valider des lois encore plus sécuritaires et liberticides.

Cette loi est la piètre réponse gouvernementale à la colère grandissante vis-à-vis des forces de l’ordre.  Cette colère est justement la conséquence des violences policières et des répressions massives des mouvements sociaux ces dernières années.

Lundi dernier, des militant·es et des migrant·es ont été expulsé·es par la force de la Place de la République à Paris  : coups et insultes de la police. C’est au lendemain de ces violences policières inacceptables  que l’Assemblée Nationale a adopté le texte «  sécurité globale  ». Non seulement cette loi ne règle pas les problèmes de violence et de racisme, problèmes récurrents au sein de la police et de la gendarmerie. Mais en plus, elle instaure  :

Un flicage généralisé  : les articles 20 et 21 prévoient d’élargir l’accès aux images enregistrées par des caméras de vidéosurveillance pour les policiers municipaux et les agents de la ville de Paris chargés d’un service de police.

Une surveillance accrue par les airs  : L’article 22 permet l’usage de drones avec caméras embarquées comme outils de surveillance, notamment lors des manifestations. Leur usage facilitera la collecte massive de données à caractère personnel.

Une volonté d’invisibiliser les violences policières  : l’article 24 crée une nouvelle infraction si des personnes diffusent des images des forces de l’ordre. L’article 23, quant à lui, exclut du bénéfice des réductions de peine les auteurs de certaines infractions «  commises au préjudice d’une personne investie d’un mandat électif public, d’un militaire de la gendarmerie nationale, d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un sapeur-pompier professionnel ou volontaire  ».

Un racisme institutionnel toujours actif  : l’article 10 prévoit d’ajouter pour les ressortissant·es étranger·es une antériorité de titre de séjour de cinq ans minimum pour la délivrance des cartes professionnelles des agents de sécurité privés.

C’est pourquoi la coordination libertaire de Fougères se joint à l’appel du PCF afin de se rassembler samedi 28 novembre à 11h00 place GAMBETTA à Fougères.

Dans le cadre du protocole sanitaire en vigueur les gestes barrières s’appliquent et notamment le port du masque.

Les participant·es peuvent se rendre au rassemblement en cochant le motif : “manifestation revendicative” et préciser la date, l’horaire et le lieu de la manifestation.

Quand l’association “Commerce Ville de Fougères” (CVF) se trompe de cible

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Ce deuxième confinement est un coup dur pour les petits commerçant.e.s et artisan. e.s fougerais.e.s. Ils et elles vont encore perdre en attractivité face aux grandes entreprises capitalistes : supermarchés et géants du commerce en ligne. Mais alors pourquoi ne pas cibler ces dernières plutôt que la population ? Pourquoi, à travers une campagne de sensibilisation, lui faire porter le poids des déconvenues, en insinuant qu’elle fait de mauvais choix ? N’y a-t’il pas plutôt intérêt à remettre en cause la façon dont fonctionne notre économie : le capitalisme ?

Depuis le déconfinement nous avons vu fleurir partout en ville des banderoles, des affiches et des spots publicitaires du CVF invitant à soutenir les commerces locaux et pour cela à acheter localement. Un rassemblement contre le projet d’implantation d’un supermarché Grand Frais à Beaucé, a aussi été organisé par le CVF avec un appel à ce que la population le rejoigne. Et Jeudi 29 octobre après l’annonce d’un nouveau confinement, une nouvelle campagne de sensibilisation a été lancée par cette même association, une campagne moraliste et méprisante qui joue la carte de la culpabilisation des consommateurs et consommatrices ; alertant sur de possible fermetures définitives de commerces, elle appelle la population à faire les bons choix…

Bien que nous pouvons être d’accord de consommer localement, nous n’avons pas forcément les moyens de faire nos achats dans les petits commerces. Bien que nous pouvons être contre l’implantation d’un nouveau supermarché, nous ne le sommes pas uniquement pour des intérêts particuliers mais aussi et avant tout pour des questions de société. Et quant au mépris affiché à travers la dernière campagne du CVF, il ne fait que rendre plus difficile toute tentative de soutien. En voici un aperçu : “fermeture définitive, ce sont les deux mots que vous verrez bientôt sur de nombreuses vitrines […] si vous craquez sur les grandes plate-forme de e-commerce […]” ; “pensez y avant de cliquer”.

Faire d’un problème de société, un problème d’individus ainsi que mettre en cause la population plutôt que le système économique capitaliste est une erreur, la cible n’est pas la bonne. En effet, c’est bien plus la concurrence, la liberté d’installation donnée par les élus aux supermarchés et l’argent public que les gouvernants ont offert aux grandes entreprises (ex : Carrefour et le CICE) , qui ont mis certain.e.s commerçant.e.s et artisan.e.s directement ou indirectement en difficulté, la crise sanitaire en ayant accentué l’impact, et non les choix que font les consommateur-trices. Que dire des élus locaux qui ménagent la chèvre et le choux en entretenant le statut quo entre les petits commerces et les grands. L’implantation à venir d’un Lidl à St-Brice en est un exemple remarquable.

Changer de paradigme

Nous n’avons aucun intérêt à préserver le capitalisme, ce système économiquement, socialement et écologiquement destructeur. Si nous voulons produire et consommer des produits locaux, sains, accessibles, écologiques et respectant les travailleurs et travailleuses, commençons déjà par augmenter les salaires et les pensions et par redistribuer les richesses : ce qui permettra à toutes et tous de vivre dignement. Simultanément il nous appartient aussi d’imaginer et de construire ici et maintenant un autre modèle de société. Une société où nous pourrions laisser une part d’autonomie aux travailleur-euse.s indépendant.e.s, du commerce de l’artisanat ou autre, et même les intégrer peu à peu aux structures décisionnelles : autonomie du travail – sous réserve de ne pas exploiter de salariés – regroupement dans chaque commune ou à plus large échelle des petites unités d’une même activité, ou d’activités complémentaires qui deviendraient ainsi les “ateliers” d’ensembles plus vastes. Les travailleur-euses pourraient se rassembler en assemblée générale de ces divers ateliers, élire un conseil et des délégué.e.s mandaté.e.s impérativements (les mandaté.e.s ne peuvent pas décider par eux et elles-même, ils et elles doivent suivre le mandat qui leur à été donné) et révocables. Avec un encadrement des revenus sous le contrôle de la société. Une société où la production de bien et de services serait guidée non plus par la course aux profits, mais par les besoins de la population ; où la production et la distribution des besoins fondamentaux serait socialisée (mise en commun des moyens de productions et d’échanges), autogérée (gèrer par les travailleuses et travailleurs eux et elles-mêmes) et planifiée démocratiquement (production et répartition selon les besoins de la population). L’expérience de l’amap peut être un début dans cette démarche et il faut la soutenir. Pour ce qui est de répondre à toute la diversité des besoins nous pourrions faire coexister une planification démocratique générale avec une sphère d’échange de biens, à l’initiative des individus et des communautés.

Réinterrogeons notre économie et notre position au sein de celle-ci. Battons-nous pour une autre société, une société dans laquelle la coopération serait logique et la concurrence absurde, dans laquelle chacun.e travaillerait selon ses capacités et recevrait selon ses besoins !

Crédits illustration : couverture de “Pour une économie libertaire” de Frédéric Antonini aux éditions Nada et bannière de Deca pour petitscommerces(.)fr

Pas de quartier pour Lidl, pas de Lidl dans nos quartiers

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Les gens m’appellent Lidl des jeunes

L’enseigne Lidl souhaite s’installer à Maen Roch. Le bureau municipal a déjà rendu un avis favorable et la Communauté de communes Couesnon Marches de Bretagne, qui possède le terrain de cette éventuelle installation, a indiqué qu’elle se rangerait à l’avis du conseil municipal de Maen Roch. Dans le compte rendu du dernier conseil municipal, le maire «  rappelle que c’est un sujet économiquement important pour le territoire et que Couesnon Marches de Bretagne est favorable à cette implantation qui permet de remplir la zone.  » 

«  Remplir la zone  » de béton, imperméabiliser les sols sur plusieurs centaines de m2, cela n’est pas en accord avec Le Projet du territoire CMB 2026 – Sources de possibles, entériné en conseil communautaire le 6 novembre 2019 qui revendique le fait de «  placer la dimension biodiversité au cœur de chaque projet  ». 

«  Un sujet économiquement important  » qui va mettre encore un peu plus en difficulté les commerçants des centres bourg. La commune lance une opération de soutien à ses commerces touchés durant le confinement et souhaite l’implantation du nouveau centre commercial  ! N’y a-t-il pas une contradiction  ? 

Mais le pire dans cette affaire, c’est que la mairie et la communauté de communes feignent d’ignorer que Lidl, c’est aussi :

des cadences infernales, du harcèlement moral et des salariés déshumanisés…Le harcèlement fait partie du management  : salariés filmés à leur insu dans le magasin, dans les réserves et dans les espaces réservés aux pauses. Condamné pour «  faute inexcusable  » suite au suicide d’un salarié en 2015 sur son lieu de travail, les méthodes managériales n’évoluent pas selon les salariés. La preuve, ce samedi 10 octobre, l’ensemble des salariés de Lidl à Lamballe ont fait grève devant l’entrée du magasin pour dénoncer les méthodes de management de leur directeur de secteur, à qui ils reprochent mépris et maltraitance (mutation forcée dans des magasins éloignés de leur domicile pour les salarié.ées afin de les faire rentrer dans le rang) 

des fournisseurs français qui utilisent les pires pratiques d’élevage et de culture afin de pouvoir vendre le moins cher possible. Il est possible d’acheter cette semaine son poulet entier à 2.49 €/kg et des carottes à 0.60 €/kg ! Mais ce prodige a un coût humain (agriculteurs payés une misère) et environnemental (production extensive utilisant une quantité considérable de pesticides, pour certains cancérigènes). Ceci n’est pas spécifique à Lidl. L’enseigne concurrente que nous connaissons bien à Maen Roch, Super U, utilise les mêmes méthodes : carottes à 0,65 €/kg et, histoire de faire des marges colossales sur le dos des consommateurs qui privilégient le bio, le panais bio vendu à 5,98 €/kg  alors qu’il est possible de le trouver aux alentours de 3€/kg chez un producteur local ou dans les épiceries installées dans les centres bourgs.  

des fournisseurs à l’étranger exploités dans des conditions inacceptables. En 2017, une enquête révélait que la production de bananes et ananas en Equateur pour Lidl  nécessitait un usage intensif de pesticides, et que l’épandage en avion de ces substances chimiques avait lieu pendant que les employés travaillaient sur la zone. Qualifiés d’ «  hautement dangereux  » et interdits par l’Union Européenne, ces produits toxiques le sont pour les travailleurs agricoles mais également pour les riverains proches, qui souffrent désormais de cancers, de maladies respiratoires, de fausses couches pour les femmes. Cet empoisonnement s’accompagne de contrats inexistants, pas couverts socialement, des licenciements abusifs (femmes licenciées car enceintes, travailleurs.euses licencié.es car souhaitant créer un syndicat…) 

Couesnon Marches De Bretagne souhaite «  initier et accompagner une dynamique de territoire autour de l’alimentation qualitative  ». Pour cela, il semble donc indispensable d’empêcher l’installation de Lidl. Et pourquoi ne pas mettre notre énergie à développer une agriculture durable sur notre territoire afin que la population bénéficie d’une nourriture de qualité, biologique et à un prix acceptable  ? 

De nombreuses pistes de réflexion s’offrent à nous  ! Dans un précédent article, nous évoquions la possibilité de mettre en place «  la cantine à 1 euro  » afin que les familles les plus modestes aient accès à ce service. (https://galettesociale.org/le-droit-a-la-cantine-pour-tous/)

Crédit Photo : Costa Rica 2015 – Make Fruit Fair / ActionAid France – MakeFruitFaire

Le droit à la Cantine pour tous

Pendant le confinement un des arguments avancés par le président Macron lors de son allocution du 11 mai ou à diverses reprises par le ministre de l’Éducation nationale et les médias qui se faisaient l’écho de leurs propos pour rouvrir les écoles était la nécessité de réduire les inégalités que le confinement ne faisait que renforcer : inégalités pédagogiques, certes, mais aussi sociales. Ainsi les conséquences liées à la fermeture des cantines ont été évoquées à diverses reprises : certains enfants ont eu faim puisque le repas du midi de la cantine est généralement leur seul vrai repas complet de la journée.

Il est intéressant d’observer que ce constat – la nécessité de bénéficier ce repas pour les enfants de milieux défavorisés – ait pu devenir un argument politique du gouvernement. Il a eu, au moins, le mérite de mettre en lumière l’importance de la restauration scolaire dans le quotidien de certains enfants et vient relancer le débat autour de la question du financement du repas des cantines.

La cantine à 1€

En septembre 2018, dans le cadre du plan national de lutte contre la pauvreté le président Macron avait annoncé une mesure importante  : la cantine à 1 euro. Selon le ministère de la Santé, ce dispositif devait concerner entre 60 000 et 120 000 enfants.
En France, les prix des repas à l’école primaire sont fixés par les communes. Or nombre de petites communes rurales n’adaptent pas les tarifs des cantines  : elles ne proposent aucune tarification en fonction du revenu des familles. Seulement un tiers des communes de 1 000 à 10 000 habitants pratique une tarification sociale dans les cantines, contre 81 % des communes de 10 000 à 100 000 habitants.
Le concept est simple  : « L’État veut encourager les communes les plus fragiles à mettre en place une tarification sociale dans les cantines des écoles élémentaires. Si celles-ci s’engagent à participer au dispositif, elles recevront une aide financière de deux euros pour chaque repas facturé un euro maximum aux familles. En moyenne, un repas coûte sept euros et revient à environ trois euros aux parents.

Les collectivités éligibles qui disposent déjà d’une tarification sociale peuvent bénéficier de cette aide depuis le 1er avril 2019.
Ce dispositif concerne seulement les communes bénéficiaires de la fraction cible de la dotation de solidarité rurale (DSR), soit les 10 000 premières communes rurales les plus défavorisées. Au total, près de 3 400 communes et 500 intercommunalités peuvent prétendre à cette aide.

Un dispositif rejeté dans le Coglais

À notre connaissance, on constate qu’aucune commune de Couesnon Marche de Bretagne n’a mis en place les tarifs différenciés en fonction des revenus familiaux. Pire, certaines communes, pourtant bénéficiaires de la fraction cible de dotation de solidarité rurale, refusent de mettre en place le dispositif « cantine à 1 euro » (Maen Roch, Saint Marc le Blanc, Saint Hilaire des Landes, Chauvigné, les Portes du Coglais, Saint Germain en Coglès, Val Couesnon). Pour quelles raisons font-elles le choix délibéré de ne pas appliquer de tarification sociale ? Sur quels arguments fondent-elles leur décision ? De quoi ont-elles peur exactement ? Que les familles en difficulté abusent d‘un droit qui leur est pourtant dévolu et voulu par l’État dans le cadre d’un dispositif politique de lutte contre la pauvreté ? Que de cet abus en découlent d’autres ? Pourquoi ne pas prendre exemple sur une commune proche : Saint Aubin du Cormier a mis en place depuis plusieurs années une tarification sociale de la restauration scolaire et des services périscolaires. En 2019, les familles les plus modestes payaient 1,21 euro le repas. On ne note aucun débordement social, aucune autre revendication ; simplement, ce dispositif permet à des familles d’éviter des dettes de cantine, phénomène en progression, semble-t-il, tout comme elle permet à certains enfants de manger correctement le midi.

Et si on allait plus loin ?

Il est invraisemblable et incompréhensible que certaines communes du Coglais refusent de faire la demande de ce financement qui revient de droit aux familles les plus en difficulté. L’aggravation de la crise économique que le gouvernement nous annonce pour l’automne remet singulièrement en question la politique sociale des communes qui ignorent ce dispositif.
Il est regrettable que l’argent proposé par l’État dans le cadre de la lutte contre la pauvreté soit inemployé et dorme dans les caisses. Il est question ici d’une répartition des moyens nécessaire pour équilibrer les niveaux de vie, les manières de vivre, et il est surtout question de permettre à des enfants de faire un repas complet.
En poussant la réflexion, avec Paul Ariès, défenseur de la gratuité des services, on pourrait même se prendre à rêver d’une gratuité totale en matière de restauration scolaire, pour tous les élèves, indistinctement, ce qui permettrait de gommer les différences sociales et de faire en sorte qu’aucun parent ne soit embarrassé d’être en situation de bénéficier d’une aide sociale.
 Ce serait, selon Ariès, une véritable «  gratuité d’émancipation  », basée sur le «  bon usage  » !

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